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samedi, 07 avril 2007

Les "simply-compliqué"

Jeudi soir, un fantôme récurrent s'est manifesté.

Big-A m'a appelé.

Je sortais de mon entretien et m'apprêtais à rejoindre mes amis au cox...

Il voulait prendre de mes nouvelles mais également me demander un service professionnel.

La conversation fut en conséquence rapide.

Et étrange ...

Je me suis souvenu de ce que j'écrivais à son propos, il y a ... pffff longtemps ... :


podcast
Christophe Maé - On s'attache

Flashback :

Le trentenaire parisien du deuxième millénaire, quels que soient son genre et ses choix sexuels, appartient à une bien étrange tribu appelée les « Simply-compliqué». En effet ce dernier, se pense et se croit sincèrement simple, aspire en toute bonne foie aux choses les plus simples du monde, alors que son esprit est tortueux, son âme complexe et ses désirs contradictoires.

En règle générale, il est également persuadé que s’il constitue un bloc granitique de simplicité, ce sont bien entendu, les autres qui sont si odieusement compliqués, ne savent pas ce qu’ils veulent, sont hésitants, apeurés, timorés….

Refus de renoncer à ses rêves d’enfant, d’abdiquer ses dernières illusions, syndrome de Peter Pan, réticence à entrer dans un monde d’adultes peuplé de responsabilités écrasantes, peur de la souffrance, des sentiments, de la mort, que sais je encore ….

Force est de constater que le trentenaire est extraordinairement compliqué !

J’en veux pour preuve :

- celui ci, qui bien que fort joli garçon et présentant un niveau humain d’excellence plus que respectable, n’arrive pas à dépasser certaines conceptions de la vie de couple,

- ou celle ci, qui mortellement blessée par l’amour porte encore symboliquement le deuil et refuse catégoriquement de vivre la vie de la jolie jeune femme trentenaire qu’elle devrait vivre tout en continuant par habitude, à panser ses plaies récemment cicatrisées,

- ou bien celui ci encore si séduisant, qui bien que capable de déplacer des montagnes par sa seule volonté et pour son simple plaisir ne peut, en aucun cas, poser son regard sur l’autre en tant qu’objet d’amour, sans lui trouver une ribambelle de défauts absolument insupportables et rédhibitoires,

- ou celle ci enfin, qui belle comme le jour et dotée de qualités qui sans doute, figurent parmi les plus belles qualités de l’être humain, n’arrive pas tout à fait à trouver sa place dans un monde d’adultes où les rapports de force courent les rues.

Malheureusement pour moi, je ne fais pas exception à la règle et suis souvent pour moi-même et les autres, une énigme.

Alors que je rentrais de vacances, début août, reposé, zen, bronzé, disponible et somme toute, conscient d’être furieusement désirable, je décidais de revoir Big-Alain. Car après tout, je n’avais pas passé ces longues heures à dorer ma peau dans les pays chauds pour rien, je n’avais pas si méthodiquement offert mon corps au soleil pour que personne n’en profite. Rendez-vous fut donc pris une fin d’après midi ensoleillée, dans le marais. …

Vêtu d’un débardeur blanc mettant en valeur mon torse puissant ainsi que la couleur divinement cuivrée de mes épaules, d’un pantacourt fluide en lin noir et d’une paire de tong KENZO en nubuck beige, je ne me trouvais franchement pas « dégueu » en m’apercevant dans la vitrine de la bien connue société générale de la rue des Archives où je retirais de l’argent.

Nous devions nous retrouver Big et moi, devant ce distributeur de billet, où en plus de retirer une somme d’argent qui allait à n’en pas douter provoquer une crise cardiaque à mon banquier, j’attendais. Assez étonnement, je me sentais très calme et à l’inverse de toutes les fois précédentes, je n’avais aucune idée derrière la tête, aucune attente secrète, aucun désir inavoué.

Je me sentais dans un état de calme olympien qui me désarçonnait quelque peu. C’est alors, que je remarquais la petite silhouette familière de Big-Alain qui avançait vers moi dans la belle perspective de la rue des Archives...

Et rien ! Rien de rien, je ne ressentais rien ! Si ce n’était un grand élan de tendresse quasi maternelle et un léger amusement devant sa bille de clown et son attitude de joyeux drille libéré d’être enfin en vacances…. Où étaient les battements de cœur, les boyaux tordus, les larmes aux bords des yeux, les bouffées de panique et d'excitation mêlées, le plaisir le disputant à la douleur ? Où s'était enfui la passion ..... ?

C’était étrange tout de même …..encore si peu de temps auparavant, je fondais littéralement rien qu’à l’idée même de Big-Alain… ! Et là, je me sentais comme libre d’apprécier, enfin débarrassé de l’envie de possession, l’être humain infiniment complexe et attachant qu’il était.

- En avait je fini de mon histoire d’amour avec un grand A ?

- Etais ce un mauvais tour que mon inconscient me jouait ?

- Etait il possible que Big-Alain redevienne enfin Alain ?

- Devais je me sentir heureux de n’être plus soumis à la passion ?

- Devais je être joyeux à la perspective d’entamer peut être des rapports amicaux avec Big-Alain ?

- Se pouvait il qu’on n’aime plus, comme ça du jour au lendemain, sans prévenir ?

- Une immense tristesse s’empara de moi.

 

Ne plus aimer Big-Alain n’étais ce pas mettre un point final à MON histoire ? N’étais ce pas clore un chapitre qui m’avait si profondément marqué, refermer un livre qui m’avait si intensément fait changer et m'avait si fortement révélé tant de choses de moi même …. ? Alors que j’aurais dû me sentir libéré, heureux de n’être plus sous l’emprise de la passion, j’étais si triste ….. !

 

Bien entendu, je n'en montrais rien, et nous passâmes Big et moi un délicieux moment à la terrasse d’un café, chauffés par le soleil de cette belle fin de journée estivale. Au contraire, je fus empressé, prévenant et admiratif, comme si, mû par la culpabilité …. je me sentais l’obligation de ne rien changer … !

 

Nous nous quittâmes ce soir là, "les meilleurs amis du monde" avec au cœur le désir sincère de nous revoir vite en toute complicité amicale. En moi-même, au creux de mon intimité, se livrait un étrange ballet de sentiments : j’étais partagé entre cette infinie tristesse de voir s’éloigner de moi ma jolie histoire d’amour … et la joie certaine d’avoir gagné un ami qui ne serait sans doute jamais un ami comme les autres, un ami « à part », un ami spécial, un ami tendre et délicieux ….

 

Big-Alain était enfin devenu ….. un ex.

 

Au même moment, à la terrasse des marronniers, deux séduisants trentenaires gays et célibataires rejoignaient une de leurs amies infirmière, afin de déguster leur rituelle « 22 les vla » ou "Melorella" accompagnées de sa non moins habituelle bouteille de « Brivazac ».(to be continued……)

Commentaires

Je me souviens très bien de l'impression que m'avait laissé la lecture de ce texte. Un mélange de tristesse et d'ironie au regard de mes histoires passées. Et le fameux "et ouais, il a raison". Aujourd'hui, le sentiment est tout autre. Il me fait peur : "oh non, pas encore une fois de plus...".

Ecrit par : Jo Rockwell | samedi, 07 avril 2007

Je trouve ça bien de pouvoir se lier d'amitié avec un ex (-amant ou -amour), c'est pour moi une grande preuve de sagesse que de savoir ne retenir de l'autre que le positif pour pouvoir continuer à se cotoyer sans rancune et sans rancoeur. D'aileeurs, on sent qu'il t apporte toujours qq chose ce Big-A, son rôle dans ta vie n'est pas terminé, même si il a changé.
Besitos

Ecrit par : pedro | samedi, 07 avril 2007

ben dis donc... c'est super joli ce qu't'as écrit ma Fée.

le truc, c'est que oui, quand l'être aimé devient "juste un ex", ça fait un réel bien !

par contre pour le "ou bien celui ci(...)bien que capable de déplacer des montagnes par sa seule volonté et pour son simple plaisir ne peut, en aucun cas, poser son regard sur l’autre en tant qu’objet d’amour, sans lui trouver une ribambelle de défauts absolument insupportables et rédhibitoires"

je t'assure juste d'un truc, me retrouvant fortement dans ce little descriptif : même à 24 ans, c'est possible d'être ainsi, alors je me dis que c'est pas l'âge qui détermine l'attitude... c'est un ensemble d'autres facteurs

Ecrit par : Tg | samedi, 07 avril 2007

As-tu goûté le chocolat chaud des maronniers?? Il est tout simplement DIVIN! Miam tu m'as donné envie!

Ecrit par : boytoy | samedi, 07 avril 2007

ceci dit, pour ne pas faire du totally HS, tu n'as pas senti de l'attirance pour lui peut être parce que tu as plus confiance en toi maintenant qu'avant. Enfin c'est ce qui ressort dans ta desription de toi-même... non?

Ecrit par : boytoy | samedi, 07 avril 2007

J'ai adoré ta description du simply compliqué. Je te rassure cette espèce ne se limite pas à Paris, elle se développe dans bien des régions de France.
Super ton blog!

Ecrit par : sandrette | samedi, 07 avril 2007

Tu dois ètre beaucoup plus sage que moi,qui ne peut revoir un ex,ou meme en entendre parler,sans un pincement au coeur,une belle émotion, et je suis sure que c'est réciproque....meme quand l'amour est ailleurs et que chacun a fait sa vie...J'ai meme eu des aveux de regrets...QUAND J'AIME UNE FOIS J'AIME POUR TOUJOURS!!!

Ecrit par : fredoel | samedi, 07 avril 2007

Je ne pense pas etre capable de penser, de croiser ou de garder un qqconque lien avec un ex., un vrai ex, pas une amourette.
Pincements, frissons, rougeurs, gene, tout y passe ... bref ca me met dans tous mes etats meme si rien ne se voit, je ne suis loin d'etre a l'aise.
Comme Fredoel, quand on aime une fois c'est pour toujours.
Mais bon, en effet peut-etre as tu gagne en assurance et en confiance en toi...

Ecrit par : SBlab' | dimanche, 08 avril 2007

Ah ,bien je vois que je ne suis pas la seule ,ça rassure!

Ecrit par : fredoel | dimanche, 08 avril 2007

@ tous : ça me surprend toujours lorsque je lis dans vos commentaires combien vous percez à jour la moindre de mes arriéres pensées, la moindre de mes peurs .... a plus forte raison lorsqu'il s'agit d'un récent lecteur comme boytoy ... Merci.
Le texte en question est assez ancien et bcp de phases se sont succédées dans mon coeur et mon esprit depuis lors. Rechute, détachement, essai d'amitié, etc ... j'en arrive à la conclusion .... que non je ne peux pas garder mes exs vraiment comme amis .... enfin disons pas lui.
Donc non je ne suis si intelligent et oui j'ai grave pas trop confiance en moi .... ;-))))))

Ecrit par : La fée | dimanche, 08 avril 2007

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