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vendredi, 18 avril 2008

Ma nostalgie est toujours ce qu'elle était ...

Ce n’est plus un secret pour personne, lecteur habitué à mes divagations existentielles, et / ou ami de la vraie vie des sentiments, de la chair et des os : je suis un grand affectif.

Même que parfois ça confine à la sensiblerie selon certaines mauvaises langues.

Même que parfois ça confine à l’hypocrisie la plus odieusement politiquement correcte selon d’encore plus mauvaises langues (rapport à ce qu’en fait, je serais la plus mauvaise des mauvaises lol).

Mais tel n’est pas le propos du jour, jetons en conséquence un voile pudique sur ce point délicat et concentrons nous sur notre sujet.

Je disais donc, que je fais preuve d’une « affectivité » un peu forte parfois (souvent ?), au point que je m’attache vite aux gens et qu’ils intègrent tout aussi facilement mon petit univers.  Voir même à des personnages de fictions Tv ou de romans.

A cet égard, terminer un roman, c'est-à-dire quitter les personnages dont j’ai aimé la singularité, la sensibilité, les aventures etc., constitue toujours pour moi une épreuve assez désagréable.

Du coup, bien souvent, je fais trainer les dernières pages pour ne pas précipiter une fin inéluctable certes, mais somme toute assez pénible pour le grand affectif que je suis (et hop on reboucle avec le sujet du début ! Elle n’est pas magnifique cette pirouette ?)

Vous avez sans doute déjà lu, dévoré, adoré, adulé, les célébrissimes, « Chroniques de San Francisco » d’Armistead Maupin qui livrent la vie de plusieurs personnages atypiques et hauts en couleurs du San Francisco des middle 70’s aux années 90. Perso, cela avait été une vraie révélation de les lire. J’avais adoré et beaucoup rigolé, surtout pour les deux ou trois premiers tomes. La suite étant marquée par des événements un peu moins drôles comme l’apparition du SIDA, la mort, la fin de l’insouciance et la séparation de certains des héros, la mort de l'amour,  

C’est con, mais je me suis attaché assez durablement à ces personnages, trouvant à chacun un petit quelque chose d’attendrissant, de joli ou de drôle sur lequel me projeter ou calquer l’image de certains personnages de mon entourage réel. Je laisse imaginer au lecteur le déchirement qu’a été pour moi et dans ce contexte le dernier épisode des Chroniques, il y a plus de dix ans.

Puis comme on se fait à tout, je me suis habitué, fait une raison. Pour autant j’avais comme le sentiment d’être un peu orphelin d’eux tout de même, au cours de ces années ou je n’ai plus eu de nouvelles. Bien sûr, on continue à vivre, à aimer, à rencontrer de nouveaux personnages, à vibrer à de nouvelles aventures, à pleurer avec eux … mais bon parfois avec un peu de colère ou de nostalgie en y repensant on se dit que quand même « c’est pas cool de pas nous donner de nouvelles ». Parce que oui, moi je m’inquiète pour les gens que j’aime, quand je n’ai pas de nouvelles, fussent ils des personnages de fiction. C’est mon côté mère juive qui s’assume pas ça ! Et ca mon côté mère juive, les gens que j’aime n’y coupent pas.

Alors bien sûr de temps en temps, je reprenais Les Chroniques, avec le même plaisir gourmand et nostalgique, comme on feuillette un vieil album de photos de familles datant d’un temps révolu de bonheur et de joie. Mais ca ne suffisait pas.

Pour faire face, j’ai tenté de m’intéresser aux aventures d’autres personnages sortis de l’imagination du même auteur avec moins de bonheur, j’ai tenté de me trouver des ersatz en lisant des romans fondés sur le même principe de la chronique avec un certain bonheur. Mais quand même, ça n’avait pas tout à fait la même saveur.

Et puis un jour, allongé paresseusement sur un canapé d’appartement de montagne, aux détours des pages d’un célébrissime magazine pédé de nature plutôt obstinée si vous voyez ce que je veux dire, j’ai appris la nouvelle.

Ils étaient de retour enfin !

Alors je me suis précipité chez mon libraire pour savoir enfin ce qu’ils étaient devenus, toutes ces années mes petits personnages chéris, mes amis. 

Anna Madrigal était elle toujours cette logeuse originale, enturbannée de soie, attentive et maternelle avec ses petits locataires, Michael avait il été emporté par l’affreuse maladie, « Barbary Lane » voyait elle toujours pousser frauduleusement de la marie jeanne, etait elle toujours un refuge pour êtres humains blessés, Mona était elle toujours aussi Lady et toujours aussi esbienne, dans son manoir anglais ?

Et puis j’ai commencé à lire cette longue lettre qu’ils m’adressaient tous.

Parce que bien entendu elle n’était adressée qu’à moi la lettre.

Et puis je n’ai pas retrouvé mes amis comme je les avais laissés.

Et puis j’ai eu envie d’arrêter là.

Et puis j’ai ressenti comme un malaise que je n’ai pas tout de suite compris.

Mais enfin qui pouvait bien être cette vieille dame, octogénaire et enturbannée ? Et ce pédé quinqua, ridicule et bedonnant ?? Sans parler de ce vieil hippie attardé ???

Non !!!

Ils ne pouvaient pas avoir viré à la caricature d’eux mêmes.

Ce n’était pas juste, pas normal, pas comme ça que ca devait se passer.

Puis progressivement la magie s’est à nouveau installée et sous le poids des ans, sous la griffure des rides, sous la protection du gras du bide, j’ai retrouvé l’essence de mes amis.

Alors bien sûr, ils ne sont plus ni aussi jeunes ni aussi beaux qu’avant.

Alors bien sûr, la vie les a durablement griffés, ridés, meurtris, épaissis.

Alors bien sûr, on sent bien qu’ils sont un peu « old flashion », décalés, déclassés, par rapport à l’époque actuelle, qu'ils ne comprennent pas grand chose au monde qui est le leur.

Mais enfin, ils sont toujours là. En vie, aussi ébouriffants d’émotion qu’avant, aussi vibrants de passion qu’autrefois, aussi attendrissants de faiblesses et de failles que par le passé.

Alors j’ai pleuré.

Au début, j’avais juste les yeux un peu humides.

Puis de grosses larmes salées ont commencé a zébrer mes joues.

Et peu à peu, j’ai pleuré à gros sanglots, des sanglots de nostalgie, de joie aussi sur les pages de la lettre qu’ils m’envoyaient après toutes ces années comme pour donner de leurs nouvelles à vieil ami, qu'on aurait bien aimé dans le temps, mais qu’on ne verrait plus aussi souvent qu’avant rapport à la complexité de la vie, mais a qui on aurait gardé une place particuliére, au chaud, au fond de son cœur malgré tout.

C’est idiot de pleurer quand on est content c’est vrai ! Ben moi je suis comme ça, et je m’y laisse aller avec un vrai bonheur. Quand je suis ému, ben je pleure ! Et là je dois dire que j’ai été ému fort fort fort !

Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi ca m’a tant touché, même si j’ai quelques indices. Toujours est il que j’ai eu envie de vous en parler comme à chaque fois, qu’il y a un truc drôle ou triste ou que je ressens fort dans ma vie ….

Si jamais vous avez envie de le lire ! N’hésitez surtout pas c’est vachement bien quand même.

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Commentaires

Ah, mais ça m'intéresse vachement ! Et tu ne donnes même pas le titre...

Ecrit par : Olivier Autissier | vendredi, 18 avril 2008

je suis capable de ressentir ce genre de sentiments en regardant un bon film au ciné. je me souviens que j'ai eu beaucoup de mal a ressortir de quelques films comme Midnight Express ou Le cercle des poètes disparus qui m'ont poursuivi pendant des jours. C'est la magie des vraies artistes qui savent parler à votre coeur.

bien sur je n'évoque pas ici mes larmes devant la nouvelle star, les simpsons, ou pekin express... non ce serait trop ridicule de sensiblerie... et pourtant...

Ecrit par : chrisse | vendredi, 18 avril 2008

Il faut donc être personnage de roman pour que ton coté "mère juive" refasse surface. Je vais donc devenir, moi aussi, l'un de ces personnages de fiction. En esperant bien entendu ne pas me retrouver dans T.... au détour d'une page traitant des pauvres gay de province, pour que dans huit ans tu te rappelles de moi et que tu cours vers ta liste msn pour prendre des nouvelles... Et je pense que moi aussi j'aurais évolué, fatigué d'attendre un simple "Je vais bien, merci, et toi?" ...

Ecrit par : moi | samedi, 19 avril 2008

ma fée, je pense que nous devrions créer un club des mères juives....

sinon, ça fait "un putain de bien fou" quand tu recommences à écrire...!!!

love

Ecrit par : esther | samedi, 19 avril 2008

@ Olivier : le titre est MIchael Tolliver est vivant. ;-)
@ Etsher : rholalalala figures toi que ca fait un putain de bien fous de reocmmencer à ecrire aussi ;-)
@ chrisse : meuh non faut pas avoir honte ! Je pleure aussi tres souvent des trucs tv ... ;-)
@ moi : on s'en parle ailleurs plutot non ?

Ecrit par : La fée Icone GAY | samedi, 19 avril 2008

Bonjour, un passage sur ton blog et un petit coucou.
Très content que l'article t'ai plu....
Vous en avez rêvé, Sensitif la Fée !
:-)
Bon week end,
Philippe

Ecrit par : Sensitif | samedi, 19 avril 2008

Madame Bovary c'est toi !

Ecrit par : pierre | samedi, 19 avril 2008

@ Phillippe : oui grave ca m'a fait plaisir ! merci de ton passage
@ Pierre : trés bien vu !

Ecrit par : La fée Icone GAY | samedi, 19 avril 2008

Bah je les avais pas lues jusque là ... mais maintenant je n'ai plus le choix ! tu m'as transmis ton plaisir et ton envie ...

Ecrit par : Linkusboy | samedi, 19 avril 2008

C'est la nostalgie des vieux temps, c'est voir le temp passer, c'est se voir vieillir et savoir qu'on aura un jour..... 50 Ans nous aussi.

Bises

Ecrit par : XXX | dimanche, 20 avril 2008

@ XXX : oiui en effet c'est bien de cela dont il s'agit ... ;-)
@ Linkusboy : j'en suis ravi ! C'est que j'ai été sincére alors ...

Ecrit par : La fée Icone GAY | dimanche, 20 avril 2008

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