lundi, 22 septembre 2008

Souvenirs d'enfance...

J’ai passé mon enfance et mon adolescence dans le 7ème arrondissement de Paris, quelque part entre le boulevard des Invalides, la rue du Bac, la rue de Varenne et la rue de Sèvres.

 

Mes parents y possédaient un grand appartement.

 

A la faveur d’un revers de fortune, ils ont du s'en séparer, créant en moi une plaie vive, jamais vraiment cicatrisée depuis.

 

C'était mon chez moi.

 

Je n'en avais jamais vraiment eu avant, compte tenu de la vie de nomades de luxes que nous avions vécus.

 

J'y avais planté mes racines.

 

Si je cherche bien, elles doivent encore y être en partie.

 

Au point que durant des années, je n’ai pratiquement pas pu repasser dans le quartier de mon enfance.

 

C’était trop triste. Je ne pouvais pas.

 

C’était il y a plus de 20 ans.

 

Je n’y suis jamais plus retourné.

 

Hier après midi, alors que j’étais dans cet étrange état de lendemain de grosse fête entre vivant et mort, entre conscience et coma, entre atone et over-speed, je ne sais pas pourquoi, j’ai décidé de sortir me balader, seul, ce qui ne m’arrive absolument jamais.

 

Il faisait beau, le soleil avait déjà pris sa couleur d’automne, rousse, teintée de mille éclats dorés.

 

Il faisait doux, presque chaud.

 

J’étais étrangement là sans être là, comme absent à moi-même, mais là quand même.

 

Mon Ipod vissé sur les oreilles, mes ray ban sur le nez, je me suis laissé guider, comme en pilotage automatique j’ai marché, marché, marché …

 

Insensiblement, mes pas m’ont mené vers la rue de Sèvres, sans que j’y prenne garde.

 

Ce n’est certainement pas anodin comme pèlerinage, une semaine quasi jour pour jour avant mon 39ème anniversaire, 18 mois après la mort de mon père....

 

Si les voies de l’inconscient, ne sont pas absolument impénétrables, elles n'en demeurent pas moins, parfois bien troublantes.

 

Je n’ai rien reconnu.

 

Tout a changé.

 

Ils m’ont tout changé, tout effacé mes souvenirs d’enfance.

 

Le marchand de bonbon, ma boulangerie, la papèterie, …

 

Qu’est ce que je l’aimais cette papèterie.

 

C’était d’ailleurs, la seule chose que j’aimais dans la rentrée scolaire : les nouveaux cahiers, les stylos plumes Waterman, les encres de différentes couleurs, le choix du cahier de texte …

 

La vielle dame qui y officiait était affreusement laide et peu amène, mais il régnait chez elle une atmosphère particulière. J’aimais trainer dans ses rayonnages, rêvassant à tout ce que je ferais quand je serais grand, à tous les bonheurs nouveaux que ne pouvait pas manquer de m’apporter cette nouvelle année qui démarrait…

 

J’aimais y passer des heures à choisir mes cahiers, mes crayons, mes stylos, …

 

Elle n’existe plus.

 

Je m’en suis aperçu hier.

 

Ca m’a violement pincé le cœur.

 

Je ne m’y attendais pas.  

 

A la place trône aujourd’hui, signe des temps je suppose, une boutique de téléphonie mobile.

 

Je n’aurais sans doute pas du y retourner, il est des souvenirs qu’il faut savoir laisser là où ils sont. 

 

Il faut savoir accepter que certains chapitres soient clos sans y revenir jamais.

 

Et puis je suis rentré, toujours à pieds, toujours seul, toujours en musique, et toujours protégé du mode extérieur par mes verres teintés. La tête pleine de souvenirs. Un étrange goût doux amer dans la bouche. Et puis j’ai vu ce reportage bouleversant sur Annie Girardot et sa maladie de la mémoire…

 

Et j’ai pleuré à chaudes larmes, ça m'a soulagé, je me suis épanché, je me suis vidé.

 

Puis je me suis endormi.

 

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Commentaires

Faire le deuil de quelqu'un d'aussi cher que peut l'être un papa ne se fait totalement jamais. Evidemment on fini par sourire de nouveau, rire de nouveau, faire la fête de nouveau mais un détail, une pensée, un souvenir, des fêtes familiales nous rappelle toujours que contrairement aux autres, un pilier de notre famille s'en est allé.

On trouvera toujours des âmes bien intentionnées pour nous dire, quand on a le malheur de se montrer triste "je te comprends mais tu verras ça passera", la plupart de ces personnes ont souvent leur famille au complet et n'ont pas subi de deuil alors comment pourraient-ils comprendre ?

Bref, je me promène au fil de tes mots et j'espère que ce ne sont pas mes écrits qui ont déclenché chez toi une grosse vague de nostalgie.

Prends soin de toi.

Ecrit par : CaRLa | lundi, 22 septembre 2008

Faire le deuil de quelqu'un d'aussi cher que peut l'être un papa ne se fait totalement jamais. Evidemment on fini par sourire de nouveau, rire de nouveau, faire la fête de nouveau mais un détail, une pensée, un souvenir, des fêtes familiales nous rappelle toujours que contrairement aux autres, un pilier de notre famille s'en est allé.

On trouvera toujours des âmes bien intentionnées pour nous dire, quand on a le malheur de se montrer triste "je te comprends mais tu verras ça passera", la plupart de ces personnes ont souvent leur famille au complet et n'ont pas subi de deuil alors comment pourraient-ils comprendre ?

Bref, je me promène au fil de tes mots et j'espère que ce ne sont pas mes écrits qui ont déclenché chez toi une grosse vague de nostalgie.

Prends soin de toi.

Ecrit par : CaRLa | lundi, 22 septembre 2008

La memoire, le passé... les souvenirs... et le temps...
je t'embrasse

Ecrit par : yepboy | lundi, 22 septembre 2008

L'écriture est la mémoire des peuples. L'Histoire ne retient pas les peuples qui n'ont pas maîtrisé l'écriture. Ton blog laissera une trace dans la galaxie.

bisous à toi la Fée -x-

Ecrit par : Dark Angel | lundi, 22 septembre 2008

ce que tu écris bien la Fée ... tu m'as fait frissoner ...

Ecrit par : Linkusboy | mardi, 23 septembre 2008

@ tous : dur de vous répondre ... je ne sais que dire si ce n'est que je suis heureux d'une chose, c'est que même pas maladroitement mon vous arrive. et ça c'est l'essentiel : le partage...

Ecrit par : La Fée | mardi, 23 septembre 2008

Je me sens incapable aujourd'hui de passer dans la rue où habitait ma grand-mère, cette rue qui m'a vue grandir... il est vrai que c'est encore trop récent.
J'ai également vu une partie du reportage bouleversant sur Annie Girardot. J'ai été très ému lorsqu'elle a dit qu'elle partait un peu.

Bises La Fée

Ecrit par : Toon | mardi, 23 septembre 2008

je ne vais pas m'amuser à analyser ta promenade, ce serait indécent
en revanche, je peux simplement te dire qu'effectivement tu partages tes émotions, tes tribulations, sans fard et avec beaucoup de sensibilité
merci pour tes mots, ton blog, ce que tu écris
bizzzzzzzzzzz

Ecrit par : ohlebeaujour | jeudi, 25 septembre 2008

Vertu du pélerinage, lenteur et accélération, apprendre à faire de la nostalgie une douceur... Tu acceptes, tu grandis. tu le vois bien, tu le sais.
Bravo.

Ecrit par : gaspard | jeudi, 25 septembre 2008

@ Toon, Gaspard et Ohlebeaujour : juste merci ...

Ecrit par : La Fée | jeudi, 25 septembre 2008

Que d'émotion !!!!!!

Ecrit par : ivc | jeudi, 25 septembre 2008

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