vendredi, 21 septembre 2007
Gays and the city
Septembre s’apprêtait à tirer sa révérence.
Une sorte d’été indien paresseux et tardif baignait Paris d’une lumière mordorée.
Assise à la terrasse d’un café branché, devant un café bouillant, je réfléchissais à l’été qui s’achevait, au week-end qui s’annonçait et à savoir si je rentrais encore dans mon jean spécial « je chope ».
Tandis que Samantha, toujours en quête d’aventures exotiques et sensuelles partait pour l’Inde rejoindre un Maharadjah de ses connaissances, dont elle devait organiser la fête d’anniversaire, Charlotte, Carrie et moi, nous apprêtions à clôturer notre semaine de parisiennes libres et fières de l’être.
La si mondaine Charlotte organisait un petit dîner samedi soir pour nous présenter à Carrie et à moi, un couple de ses amis « absolutly divine ».
Comme toujours, Carrie entre deux diners, trois fêtes branchées, et cinq after work, réfléchirait au sens de la vie, à l’amour, aux hommes, au pourquoi des choses et surtout à quelles chaussures (vernies ou non) mettraient le mieux en valeur le galbe de ses jambes moulées dans son slim.
Comme toujours, Charlotte ravie et heureuse, jouerait à la bourgeoise de province, en nous invitant à dîner, mettant à notre service son savoir faire et ses talents mondialement connu de maîtresse de maison.
Comme toujours, Samantha quant à elle, vivrait « au loin » des aventures extraordinaires défiant les lois de la gravité et de la pudeur.
Comme toujours, moi, je tâcherais de mettre mes doute et mon mal de vivre de côté, pour profiter de la vie et séduire pleins d'hommes.
L’été s’achevait sur Paris et nous rempilions pour une année supplémentaire d’amitié, de sorties, d’amour, de sexe et d’aventures ….
A cette pensée, douce et chaleureuse, je me calais plus confortablement dans mon fauteuil et esquissais un petit sourire de satisfaction en soupirant d'aise.
« Qu’il est bon d’avoir des copines » me dis je en portant à mes lèvres ma tasse de café bouillant.
Pendant ce temps là, dans une banlieue chic de la capitale, une jeune femme élégante et sensible tentait de trouver comment ranger ses 750 paires de chaussures dans un tout petit placard….
(to be continued ....)
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samedi, 03 février 2007
Previously on Fée daubette
J'ai commencé il y a maintenant un an, à écrire les aventures des gens que j'aime, de ma famille, de la « sagrada familia », de mes amis ...
Même si des milliards choses se sont passées depuis, je me remets à la tache en ce moment.
Donc bientôt sur la Fée Daubette, vous pourrez lire la suite de la saga "Nous nous sommes tant aimés".
Je suis en train d'en écrire un épisode supplémentaire mais je peine un peu. Alors pour m'obliger à la finaliser, j'en annonce la sortie prochaine ici ...
Pour se remettre en bouche voici les précédents épisodes. J'avoue une faiblesse particulière pour ces épisodes là, car ce sont eux qui m'ont permis de rencontrer virtuellement dans un 1er temps puis dans la vraie vie ensuite, dfp et dans son sillage Esther, Mlle E (princesse BV à l'époque), et quelques autres ...
Ca commençait comme ceci :
« Il y a quelques temps, histoire de m’amuser, un soir d’oisiveté nonchalante, j’ai fait l’essai de me projeter dans le futur. Cette projection a entraîné de nombreuses questions. En me livrant à ce petit jeu au départ inoffensif, je me suis progressivement senti pris d’une angoisse sourde sur laquelle je n’ai su mettre un nom. Brusquement devenu nostalgique et triste, j’ai eu peur de demain et surtout d’après demain. Peur que la vie ne fasse son travail de sape, sans que j’ai eu le temps de leur dire combien ils me sont importants. Peur que le temps n’efface les contours notre vie d’aujourd’hui pour n’en plus laisser que des souvenirs diffus et flous.
- Comment serais je dans 20 ans ?
- Que serons nous devenus ?
- Quel regard porterais je sur ma vie d’aujourd’hui, sur mes amis, sur ceux que j’aime ?
- Quand j’aurais plus de 50 ans, comment me souviendrais je d’eux qui me sont si chers ?
- A l’aube de la vieillesse, serons nous encore amis ou la vie nous aura t’elle séparés ?
- Ma mémoire aura t’elle effacé toutes ces années ou vivrais je entouré des vestiges d’une jeunesse enfuie ?
J’ai tout d’un coup eu peur de vieillir. Alors, pour que cela n’arrive jamais et pour que soient fixés pour l’éternité ces moments, ces visages, avec une rage naïve, j’ai écrit, décrit, raconté. Afin de préparer mes vieux jours et fixer mes souvenirs.
Véra, Sofia, Félix, Sylvain, Malcolm, Esteban, Sofiane, Fabrice, Richard, Valérie, Michel, Henry, Sybil et moi, nous nous sommes tant aimés.
Galerie de portraits. (…) »
Nous nous sommes tant aimés Part 1
Nous nous sommes tant aimés Part 2
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lundi, 25 décembre 2006
La valse de Cosma

(merci à Fredot pour cette merveille musicale)
En guise de cadeau de NOEL, j'aurais aimé vous offrir, m'offrir peut être, un texte tel que celui qui suit, que j'aurais écrit de ma plume, avec ma chair, avec mon sang.
J'aurais aimé offrir mon talent à vos yeux attentifs, ma sensibilité à vos coeurs ouverts, mes souvenirs à vos nostalgies rampantes ...
Il n'en est rien, d'autres le font mieux, bien mieux que moi ....
Et Shagoo posséde un putain de talent gros comme une putain de grosse montagne ....
Alors lisez, écoutez, savourez ...
"Le passé est un pays où l'on n'arrive jamais. Ce soir, pourtant, j'en reprendrais volontiers le chemin. Et même si le voyage ne dure que le temps d'un billet. Je veux écouter, encore et pour moi seul, quelques souvenirs heureux de mon enfance. Au piano si vite désaccordé de la mémoire, ils restent toujours les plus beaux. (...)"
Pour lire la suite c'est ICI
23:16 Publié dans La fée écrit, La fée et la blogosphére, La fée l'a lu (vu) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : blog, journal intime, gay, garçons, shagoo, blogosphére
mardi, 21 novembre 2006
Le réveil de Rodrigue
Episode 3 - Le malaise de Clara
Le réveil sonnait depuis déjà 20 minutes sans que Rodrigue ait réussi à émerger, à trouver l’énergie pour se propulser hors de son lit. Il sentait sa tête lourde et craignait en bougeant de façon un peu trop précipitée de devoir affronter une nausée violente due à sa nuit agitée.
Après avoir laissé Clara rentrer seule, il avait éprouvé l’envie violente de sortir comme pour se laver, se purifier du malaise dont elle l’avait enduit. Rodrigue avait toujours considéré que le malaise des autres était gluant et sale. Chaque fois qu’il s’y trouvait confronté, il en résultait pour lui une volonté forcenée d’oubli et de fuite assez symptomatique de son état général.
Fuir le mal avant qu’il ne le contamine. Oui c’était cela son attitude.
Tout ensuite s’était enchaîné très rapidement comme dans ces romans sur la jeunesse dorée des années 80. Sofia qui avait instantanément répondu présente à son appel, cette boite de nuit anciennement branchée vivant sur les restes d’une splendeur déchue, la musique, l’alcool, la drogue, le plaisir, la danse, la drague, le sexe enfin, au petit jour vite fait mal fait, avec un inconnu au torse sublime. Et à présent ce réveil qui le torturait.
Le « Pendaison day » s’était transformé en « Défonce day » et il en ressentait douloureusement, ce matin les stigmates.
« Putain, faut que je me lève ! » murmura t’il en se redressant dans son lit. Les yeux toujours mi clos, il chercha à tâtons, sur la table de nuit son paquet de cigarettes et en alluma une. Cela avait toujours surpris tous ses amis, que le 1er geste de Rodrigue le matin consiste à fumer. C’était comme une forme de rituel auquel il ne voulait déroger sous aucun prétexte, y compris les matins nauséeux.
Son existence était pleine de ces petits rituels qu’il respectait scrupuleusement comme pour se rassurer : la cigarette du réveil, les choses toujours dans le même ordre le matin, la douche, le rasage, l’habillage rapide et désordonné, la lecture de ses mails perso et autres messages sur les différents chats de rencontres gays sur lesquels il était inscrit et dont il ne se déconnectait jamais, son café allongé et ses tartines chez Danièle l’affectueuse et typique patronne auvergnate du café en bas de chez lui.
Depuis le jour de son emménagement où attendant le camion et les musclors engagés pour l’aider, et où il s’était installé par hasard à une table du Macassar café à l’angle de sa rue, il venait quotidiennement y prendre son petit déjeuner, son Ipod vissé sur les oreilles.
Il figurait parmi les habitués du Macassar à présent, et Danièle, la patronne lançait son café et ses tartines dés qu’elle l’apercevait sortant de chez lui, afin que le tout soit sur sa table à son arrivée. Puis il entrait, s’asseyait toujours à la même table, et s’accordait quelques minutes de réflexion et de plaisir en dégustant.
Le plus souvent, il lisait les journaux ou écoutait de la musique en prenant son petit déjeuner, mais il lui arrivait parfois de conserver ses écouteurs dans les oreilles et d’observer et de simmiscer dans les conversations des gens autour de lui. Non par voyeurisme ou indiscrétion mais presque par une sorte d'intérêt réel pour la vie des autres.
Assez étonnamment, il avait depuis tout petit développé une capacité à s’intéresser aux autres, mêmes inconnus, qui laissait la plupart des gens autour de lui tout à fait circonspects. Un de ses amis avait coutume de dire que Rodrigue était la seule personne qu’il connaissait sur terre, capable de s’intéresser à un ragot sur une personne totalement inconnue de lui.
Mais ce matin le lever était plus difficile que d’habitude … "et dire que l’on était lundi et qu’il restait toute une longue semaine à affronter".
(To be continued ….)
15:10 Publié dans La fée écrit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : gay, garçons, journal intime, blog
samedi, 14 octobre 2006
Extérieur nuit
Extérieur nuit. Paris.
Une petite place.
Un café quasi désert aux vitrines illuminées.
Une rafale de vent soulève quelques feuilles mortes qui vont se reposer quelques mètres plus loin.
Une pluie violente bat le pavé de la rue.
De grosse gouttes de pluie s'écrasent contre la vitrine du café.
Au travers de la vitrine on aperçoit deux hommes attablés l'un en face de l'autre.
Deux hommes, d'une trentaine d'années. Séduisants, bien mis, presque élégants.
Ils sont en costumes.
Ils sortent probablement du bureau.
L'un des deux semble plus âgé que l'autre.
Ils parlent peu.
Leur échange est entrecoupé de longs moments de silence.
Leurs regards ne se croisent que peu. Pas ou plus.
Une bouteille de vin, deux assiettes quasiment intactes sont posés sur la table.
L'un, le plus jeune des deux, avance sa main vers le visage de l'autre, lui caresse la joue doucement dans un geste plein de tendresse.
L'autre homme, le plus âgé, pose sa tête dans la main du 1er homme, longuement comme pour retenir, fixer pour l'éternité quelque chose, un moment, un sentiment, un souvenir, une image.
Ils restent là sans bouger.
On devine qu'il se passe quelque chose de fort entre ces deux hommes.
Il est beau ce moment d'intimité.
Il est très doux, très tendre ce moment entre ces deux hommes.
Pourtant on sent quelque chose de triste, de définitif.
L'homme à la tête posée, saisit la main dans laquelle il reposait quelques secondes plus tôt, la prend entre les siennes, la sert fort et l'embrasse.
Un court instant, il la couvre de baisers en versant quelques larmes.
Il se ressaisit.
Une jeune femme en tablier s'approche de la table et s'adresse à eux.
Ils la regardent puis secouent la tête de concert en souriant bravement.
Elle dessert les assiettes et laisse la bouteille de vin sur la table.
Ils se resservent du vin, trinquent et boivent en se regardant.
Puis le plus âgé des deux, repousse sa chaise en arrière et se lève la tête baissée.
Il enfile sa veste.
Enfin il relève la tête et le visage baigné de larmes regarde l'homme assis, lui effleure la joue se retourne et s'en va.
Arrivé à la porte, il la tire vers lui, se retourne une dernière fois et lance à l'homme assis avant de partir "Adieu pti namour, je ne regrette rien. Ca valait le coup quand même."
Il sort. La porte se referme.
L'homme jeune reste assis.
Le regard vide.
FIN
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jeudi, 24 août 2006
Le réveil de Rodrigue
Episode 3 - Le malaise de Clara
Le réveil sonnait depuis déjà 20 minutes sans que Rodrigue ait réussi à émerger, à trouver l’énergie pour se propulser hors de son lit. Il sentait sa tête lourde et craignait en bougeant de façon un peu trop précipitée de devoir affronter une nausée violente due à sa nuit agitée.
Après avoir laissé Clara rentrer seule, il avait éprouvé l’envie violente de sortir comme pour se laver, se purifier du malaise dont elle l’avait enduit. Rodrigue avait toujours considéré que le malaise des autres était gluant et sale. Chaque fois qu’il s’y trouvait confronté, il en résultait pour lui une volonté forcenée d’oubli et de fuite assez symptomatique de son état général.
Fuir le mal avant qu’il ne le contamine. Oui c’était cela son attitude.
Tout ensuite s’était enchaîné très rapidement comme dans ces romans sur la jeunesse dorée des années 80. Sofia qui avait instantanément répondu présente à son appel, cette boite de nuit anciennement branchée vivant sur les restes d’une splendeur déchue, la musique, l’alcool, la drogue, le plaisir, la danse, la drague, le sexe enfin, au petit jour vite fait mal fait, avec un inconnu au torse sublime. Et à présent ce réveil qui le torturait.
Le « Pendaison day » s’était transformé en « Défonce day » et il en ressentait douloureusement, ce matin les stigmates.
« Putain, faut que je me lève ! » murmura t’il en se redressant dans son lit. Les yeux toujours mi clos, il chercha à tâtons, sur la table de nuit son paquet de cigarettes et en alluma une. Cela avait toujours surpris tous ses amis, que le 1er geste de Rodrigue le matin consiste à fumer. C’était comme une forme de rituel auquel il ne voulait déroger sous aucun prétexte, y compris les matins nauséeux.
Son existence était pleine de ces petits rituels qu’il respectait scrupuleusement comme pour se rassurer : la cigarette du réveil, les choses toujours dans le même ordre le matin, la douche, le rasage, l’habillage rapide et désordonné, la lecture de ses mails perso et autres messages sur les différents chats de rencontres gays sur lesquels il était inscrit et dont il ne se déconnectait jamais, son café allongé et ses tartines chez Danièle l’affectueuse et typique patronne auvergnate du café en bas de chez lui.
Depuis le jour de son emménagement où attendant le camion et les musclors engagés pour l’aider, et où il s’était installé par hasard à une table du Macassar café à l’angle de sa rue, il venait quotidiennement y prendre son petit déjeuner, son Ipod vissé sur les oreilles.
Il figurait parmi les habitués du Macassar à présent, et Danièle, la patronne lançait son café et ses tartines dés qu’elle l’apercevait sortant de chez lui, afin que le tout soit sur sa table à son arrivée. Puis il entrait, s’asseyait toujours à la même table, et s’accordait quelques minutes de réflexion et de plaisir en dégustant.
Le plus souvent, il lisait les journaux ou écoutait de la musique en prenant son petit déjeuner, mais il lui arrivait parfois de conserver ses écouteurs dans les oreilles et d’observer et de simmiscer dans les conversations des gens autour de lui. Non par voyeurisme ou indiscrétion mais presque par une sorte d'intérêt réel pour la vie des autres.
Assez étonnamment, il avait depuis tout petit développé une capacité à s’intéresser aux autres, mêmes inconnus, qui laissait la plupart des gens autour de lui tout à fait circonspects. Un de ses amis avait coutume de dire que Rodrigue était la seule personne qu’il connaissait sur terre, capable de s’intéresser à un ragot sur une personne totalement inconnue de lui.
Mais ce matin le lever était plus difficile que d’habitude … "et dire que l’on était lundi et qu’il restait toute une longue semaine à affronter".
(To be continued ….)
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mercredi, 23 août 2006
Le malaise de Clara
En pénétrant dans le cabinet de son psychanalyste, Clara se sentait fébrile et épuisée. « Il faut vraiment que je me sente mal, pour accepter d’entamer ma semaine par une visite chez mon psy moi » pensa-t-elle en s’asseyant, lasse et les traits tirés.
Au regard de la trêve estivale, cela devait faire pratiquement un mois et demi que Clara n’avait plus fréquenté la salle d’attente froide et impersonnelle que son psy partageait avec un pool de camarades psys, dont un n’était pas sans la séduire par son allure masculine, son sourire rassurant et sa visible et chaleureuse empathie.
Le sien en revanche, était plutôt un animal à sang froid, réservé, distant et peu bavard.
Elle lui avait pourtant annoncé la couleur lors de sa 1ere séance, deux ans auparavant, en lui disant « Docteur, comprenez moi, des gens qui m’écoutent, ce n’est pas ce que je cherche, parce que ça j’en ai des tas ! Je viens pour échanger, dialoguer. J’ai besoin de répondant à défaut d’avoir des réponses. Vous me comprenez ? »
Le psy entendant, cela avait opiné du bonnet d’un air pénétré et énigmatique comme seul les psys de cinéma peuvent afficher et avait souligné d’une voix blanche que bien qu’il n’y ait pas de normes précises régissant ses rapports avec ses patients, il n’était pas du genre très interventionniste.
Un mois que ça durait, ce malaise, ce sentiment de vide, d’ennui profond. Ce manque d’énergie et de goût pour tout.
Elle ne se souvenait plus très bien de ce qui l’avait conduit chez un psy la 1ere fois, mais tout ce qu’elle voyait c’était que deux ans après, elle allait de mieux en rechute et de reculs notables en avancées significatives. Peut être qu’elle en attendait des miracles, des solutions magiques à ces problèmes qu’elle n’arrivait toujours pas à définir elle-même.
Peut être qu’elle s’était trompée, dupée elle-même en entamant cette démarche analytique et que l’on était jamais que seul face à ses démons ? Elle n’en savait plus rien à présent.
Seul, ce sentiment de charge lourde si lourde pesant sur le cours normal de son existence, seule, cette peur panique des autres, de leur regard sur elle, seule cette perpétuelle angoisse d’être abandonnée, désaimée, pas aimée lui restaient au ventre.
Néanmoins, la certitude que de nombreuses croyances limitantes l’entravaient encore dans son évolution, la poussait à venir imperturbablement chaque semaine se vider, s’épancher, se livrer à elle-même dans l’intimité des quatre murs d’un bureau en sous sol, à l’ambiance froide et au design moderne d’un cabinet médical du 7ème arrondissement.
Elle s’était plusieurs fois ouverte à lui de ses doutes, de ses peurs quant à la démarche, aux résultats, à l’utilité de ce travail qu’elle effectuait avec lui, à la manière parfois d’une provocation, les yeux luisants de colère ou d’autre fois sincèrement perdue et éprouvée, sans que jamais il ne réagisse.
Un bruit de pas dans l’escalier métallique menant au sous sol, puis le passage au milieu de la salle d’attente d’un jeune homme au crâne rasé serrant un paquet de kleenex dans sa main, prélude à l’entrée en scène du psy, la sortirent de ses sombres pensées.
« Bonjour Mademoiselle, on y va ? … »
(To be continued …)
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lundi, 21 août 2006
Rodrigue
"Tu es sûre que tu ne veux pas que je te dépose ?" insista Rodrigue, alors qu'ils arrivaient à sa voiture, bd de Sébastopol.
"Non je t'assure. Je vais marcher ça me fera du bien. Et puis tu sais ce qu'on dit ..."
"... je crois que j'ai besoin d'être seule et de marcher en pull irlandais blanc sur la plage à Malibu pour faire le point !" dirent ils de concert, en éclatant de rire.
Ils avaient gardé de l’époque où étudiants télé-phages et désœuvrés, ils s’avalaient goulûment des après midi et des soirées entières d’ignobles séries américaines (où il était le plus souvent question d’amour et de grands sentiments, le tout sur fond de pensée unique politiquement correcte) l’habitude pour exprimer leurs humeurs de faire référence aux clichés les plus éculés des scénaristes hollywoodiens.
"Non sans rire, je suis désolée, si je suis chiante à mourir en ce moment. Je suis un peu paumée. Excuses moi." lui souffla Clara dans l’oreille en l'embrassant.
Puis elle s'éloigna doucement, ne se retourna pas et mit ses mains dans les poches de son imperméable en voûtant un peu le dos.
Rodrigue la regarda s'éloigner, longtemps, jusqu'à ce que sa silhouette ne soit plus qu'un petit point clair parmi d'autres sur le boulevard.
En montant dans sa voiture, il brancha son Ipod sur l’autoradio, sélectionna un mix de ce dj israélien dont tout le monde parlait et que lui avait recommandé Sébastien avec des tremolos dans la voix, vendredi soir.
Alors qu’il démarrait, il sentit que la musique lui remontait le long de la cuisse et que celle ci commençait à s’agiter et à batte la mesure. Un frisson lui parcouru l’échine comme chaque qu’il aimait ou découvrait quelque chose ou quelqu’un de plaisant et de séduisant.
La soirée et la fin d’après midi passées avec Clara l’avaient épuisé. Il se sentait tendu, anxieux. Il ne savait décidément pas gérer le stress des autres. Enfin, il était le plus souvent et particulièrement démuni devant celui de Clara, sa vieille copine.
Au feu rouge, il alluma une cigarette, tout en remuant sur son siége au rythme de la musique.
« Je sortirais bien ce soir pour me détendre » murmura-t-il, avant de jeter un œil à son portable pour vérifier si par le plus grand des hasards, une proposition alléchante n’aurait pas échappé à son oeil de lynx lors de la dernière vérification.
Il profita du feu rouge pour envoyer un sms à Sofia, sa très déjantée collègue de boulot au sein de l’agence de RP pour laquelle il travaillait « SOS c’est pendaison day ce soir 1 ! Help ! J’ai besoin d’un coup de main ! Tel moi si tu es open. Biz »
(to be continued…)
1) L’expression « Pendaison day » a été empruntée et La Fée Daubette remercie la ou les jeunes femmes qui en sont les légitimes et bien heureuses propriétaires.
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dimanche, 20 août 2006
Clara
"Tu ne comprends pas !" lâchât elle tout à coup, interrompant le monologue de Rodrigue.
"Non tu ne comprends décidément rien. Mais pour une fois, je vais t'expliquer avec toute la précision requise pour qu'enfin tu saisisses et qu'enfin tu me foutes la paix." poursuivit elle calmement, le regard vide et baissé, l'attention fixée sur le tas de miettes de pain sur la table qu'elle venait de ramasser en une ligne homogène et harmonieuse.
Le restaurant du centre ville était à présent désert. Un dimanche soir pluvieux de fin d'été, même à Paris, les gens sortent peu et rentrent tôt.
"Mais enfin tu sais bien que c'est pour ton bien que je te dis ça ..." murmura Rodrigue.
"J'ai 37 ans dans quelques semaines. J'ai une vie agréable. Je vis dans une des plus belles villes du monde. Je gagne ma vie. Je sors, je ris, je danse, je vois des gens, je baise, même plus que je n'en ai envie ..."
"Hooo Clara ! Non, ne recommences pas avec ça s'il te plait !"
"Ah non mon petit père, c'est toujours la même chose avec toi. Tu me dis mes quatre vérités, tu me donnes des leçons. Tu me dis comment vivre, comment être heureuse... Et moi je ne dis jamais rien. Mais tu vas m'écouter jusqu'au bout cette fois ci et ne pas botter en touche, sous prétexte que tout ceci te mets mal à l'aise et que tu ne comprends pas. C'est trop facile, tu as provoqué cette discussion alors maintenant assumes".
Pendant qu'elle tenait ce petit discours à Rodrigue, Clara se demandait intérieurement depuis combien de temps elle le connaissait ? Et depuis combien de temps aussi elle sentait cette colère sourde gronder en elle ?
Cela devait faire bientôt dix ou quinze ans qu'ils se connaissaient. Peut être plus même. Elle ne savait plus. De toute façon avec l'âge, la perception du temps et de son accélération changeait. Elle le savait. Elle l'avait déjà souvent noté chez sa mère qui disait toujours que le temps passait plus vite lorsque l'on devenait vieux.
"Mathématiquement impossible, mais humainement si réaliste" s'était elle dit la dernière fois qu'elle avait évoqué cette question avec sa mère.
Mais oui c'était ça, ils avaient fêté l'année dernière, leurs "quasi 20 ans d'amitié". Elle s'en souvenait à présent. Le concept de "quasi 20 ans", les avaient d'ailleurs echantés l'année derniére, elle s'en rappelait aussi.
Clara et Rodrigue s'étaient connus dans une soirée, à la fin des années 80. Ils avaient des amis en commun et s'étaient sans nul doute déjà croisés quelques fois avant. Elle avait eu son bac à vingt ans, en 89, puis s'était inscrite à la fac sans vraiment savoir, comme souvent dans son existence, ni pourquoi, ni comment, ni même ce dont elle avait envie.
Rodrigue, plus jeune de quelques années, venait lui d'obtenir le sien lorsqu'ils s'étaient rencontrés.
« Putain ce qu’on était jeunes » se souvint elle …
« Hé Clara ! Hé ho ! Tu ne voulais pas me dire enfin tout ce que tu as sur le cœur ? Tu ne voulais pas me le tailler enfin ce costard sur mesure, de tes rêves ? » ironisa Rodrigue en caressant l’épaule nue de Clara.
Emportée par ses pensées, elle s’était en effet stoppée net et n’avait pas du prononcer un mot depuis quelques minutes.
« Ah oui c’est vrai ! » dit elle en soupirant.
« Non. En fait non finalement ! A quoi bon ? Allez viens on paye et on rentre. »
(To be continued…)
23:20 Publié dans La fée écrit | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, blog
mardi, 08 août 2006
Re-invention : Un samedi soir sur la terre
J'ai tout nettoyé, récuré, lavé, fait briller.
J'ai pensé à Maman qui disait toujours que "lorsque l'on est préoccupé, il faut s'occuper les mains".
J'ai souri.
Je me suis promis d'être moins agressif avec les parents et plus détendu avec mon frère.
J'ai allumé des bougies partout.
J'ai fait brûler des bâtons d'encens.
J'ai souri à l'idée que je transformais mon appartement en église et que c'était joli.
Je me suis fait du café.
J'ai pensé à Joan Collins.
J'ai regardé l'appartement.
J'ai commencé à écrire la suite de nos aventures. Ca ne venait pas.
Je me suis dit que je baiserais bien ce soir.
Je me suis servi du café.
J'ai écouté des mp3 jolis pour rêver.
J'ai laissé mon esprit partir.
Je me suis dit que "c'était pas si terrible au fond".
J'ai commencé à trier le carton de photos anciennes de nous enfants que Maman m'avait donné avant mes vacances.
J’ai pensé « putain, il en a chié Dj. quand même quand on était petits ».
J'ai senti mon cœur se serrer.
Je me suis dit que « j’avais été un chouette bébé ».
J'ai souri.
J'ai répondu à des textos jolis.
J'ai souri en pensant que j'avais vraiment trop le sens du théâtre.
J'ai pensé qu'il fallait que "je rende ses béquilles à Sofia".
J'ai pensé à ceux qui font "grave la fête ma sœur, pour se consoler".
J'ai pensé " un an déjà ".
J'ai pensé "comment ça serait si .... ?"
J'ai fermé les yeux.
J'ai surfé un peu.
J'ai écouté passer les minutes.
J'ai pensé à ma tante Danièle et à la boule qu'elle est en train de perdre, d'après Maman.
Je me suis dit que j'aurais pu appeler la Comtesse ou D.
Je me suis allongé pour lire.
J'ai imaginé Véra dans sa blouse au boulot.
J'ai pensé à Meetic et à Véra.
J'ai souri.
Je me suis allumé des cigarettes.
J'ai changé les tableaux de place.
J'ai écouté "India song" par Jeanne Moreau.
J'ai pensé à Maman, à sa grande époque dans les années 70, où elle sortait tout le temps, avec ses cheveux courts à la zizi, ses sautoirs et ses robes farfelues.
J'ai re-pensé à cette coupure de journal, rubrique who's who, où elle posait avec toute la troupe de l'opéra de Paris en tournée à Tokyo.
Je me suis dit "tu es bien le fils de ta mère".
J'ai souri.
J'ai regardé les stats du Blog.
J'ai refait du café.
Je me suis dit que "je faisais ce qu'il fallait, que j'étais adulte".
Je me suis dit que "c'était bien de ne pas dîner et que de toute façon je n'avais pas faim".
J’ai pensé à Sylvain et à sa grand-mère.
J'ai repensé à Papa et à son éternel besoin de se la péter comme si il fallait encore qu'il me prouve quelque chose.
J'ai soupiré un peu.
J'ai essayé de comprendre à nouveau.
J'ai abandonné.
J'ai pensé à mon gentil monsieur.
J'ai pensé "après tout c'est pas si dur".
J'ai ri tout seul de ma connerie.
J’ai tchaté un peu.
Je me suis allumé des clopes à la santé de Gaufrette qui arrête de fumer.
J’ai souri.
Je me suis dit que "ce serait bien que Dj. leur achète un appartement".
J'ai relu le Blog en me disant "c'est moi qui ai écrit tout ça ?"
Je me suis mis de la crème hydratante.
J'ai pensé "bientôt l'été".
J'ai souri.
J’ai essayé mes maillots de bain.
J'ai croisé les doigts pour le date de Malcolm.
J'ai pensé "si il se maque, ça va être rude d'être le seul".
Je me suis ravisé et j'ai pensé à Véra.
J'ai essayé de comprendre encore.
J'ai encore abandonné.
J'ai pensé à faire des UV demain.
J'ai pris des photos avec mon téléphone.
J'ai pensé à des gens disparus depuis longtemps : Béatrice G de G, Céline P, Marie P, Marlene et Bernard L, Aline dont je ne me souviens plus le nom de famille, etc...
J'ai cherché un article sur la psychanalyse et ses écoles sur le net.
J'ai pas baisé.
Je me suis dit "le temps a passé vite finalement."
J'ai souri.
Je me suis couché, l'âme vagabonde.
10:35 Publié dans La fée écrit | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons





