samedi, 10 janvier 2009
La cité des connasses ...
Pour lire l'épisode 1 c'est ICI
L’intimité et la pudeur sont des notions infiniment subtiles et délicates qui ne recouvrent pas toujours le même sens pour tout le monde.
Contingentes et relatives, elles sont excessivement variables d’un individu à un autre.
Pour ce qui me concerne, si je n’ai pas la forme de pudeur la plus communément répandue, consistant à ne pas se raconter, à ne pas s’épancher en public (NDLR : et pour cause cher lecteur, comme tu le sais, j’expose ici régulièrement mes petits ennuis et mes petites joies) je fais preuve d’une autre forme de pudeur, peut être plus ténue, plus subtile, plus discrète, moins évidente.
De même que l’intimité ne revêt pas la même forme en fonction des caractères, des histoires et des personnalités de chacun, voir des moments de la vie ….
A titre personnel, je considère que le fait de dormir aux côtés de quelqu’un est le comble de l’intimité.
Je peux m’envoyer en l’air dans toutes les positions avec un mec sans que cela soit pour moi d’une intimité forte, en revanche lorsque je dors avec un garçon, je le fais entrer dans mon intimité.
J’accepte qu’il me voit dans l’abandon le plus simple, dans la plus évidente situation de vulnérabilité, dans la posture la moins contrôlée et sécurisée qui soient …
Ce long préambule pour avouer que je ne dors pratiquement jamais avec personne.
Clairement parce que la plupart du temps, personne ne me donne réellement envie de partager cette douce intimité, personne ne me donne envie de dévoiler cette part quasi encore vierge de mon intime personnalité …
Or, un vendredi soir, alors qu’épuisés par plusieurs semaines de sorties intensives, mes amis et moi venions de décider, chose rare, de ne pas trainer pour rejoindre nos pénates après diner, je reçois des nouvelles par texto d’un garçon.
J’étais entré en rapport avec lui via la « cité des connasses » (NDLR 2 : chat de rencontres gays) en des termes que je ne saurais rapporter ici tant ils étaient « hot and spicy », directs et précis …
Du reste à bien y repenser, le rouge de la honte me monte au front. Anyway, il faut bien parfois, que le corps exulte …
Une chose en entrainant une autre, le garçon arrive chez moi, plutôt nettement mieux en vrai qu’en photo.
Et comme la réciproque semble également vraie, nous entamons une forme de marathon sexuel tout ce qu’il ya de plus agréable et complice.
Nous nous livrons donc joyeusement et sans complexe aucun, durant un long moment et jusqu’à épuisement total, à cette délicieuse activité qu’est le sexe, quand il s’inscrit dans une perspective de partage d’échange et de respect.
L’état suivant la satisfaction des corps est en règle générale un état se situant entre l’alanguissement et l’endormissement ….
Il en fut ainsi entre le garçon et moi-même après la satisfaction de nos sens …
Cet état peut parfois être propice à d’autres types d’échanges tout aussi agréables si ce n’est plus que les précédents…
Caresses, massages, câlins, papotages en tous genres, prennent alors quelques fois le relais …
La situation était réellement trés étrange à mes yeux, pleines de réminiscence de ma 1ere fois avec Big-A, des années auparavant …. Même mode de rencontre, même entente des corps, même alchimie, même état, même envie post coït de se rapprocher tendrement l’un de l’autre, tout me ramenait en arrière …Jusqu’à la position qui était la mienne dans le lit : en tailleur, un oreiller posé sur les jambes …Tout !
Comme il était encore tôt et que quelques indices discrets (NDLR 3 : je fais un dessin où tout le monde a saisi ?) me laissaient à penser que nous n’en avions pas tout à fait terminé de nos ébats, je proposais à mon invité (car quoi qu’il en soit la maison est toujours soucieuse de l’accueil réservé à ses hôtes de marque) de partager la bouteille de champagne qui se trouvait par bonheur au frais dans le réfrigérateur …(NDLR 4 : Comme chacun le sait à présent, le dit réfrigérateur ne contient que peu d’autres choses que du champagne)
Et ainsi fut fait.
Ajoutée à l’ivresse des sens, l’ivresse de l’esprit fut propice à un rapprochement supplémentaire qui cette fois fut de nature très différente du premier … plus sensuel, plus tendre, plus humain, moins bestialement sexuel…
Au point que dans un élan de fougue et d’emballement qui m’est assez propre dans l’ivresse naissante, je proposais au garçon de partager mon sommeil ….
(to be continued …)
17:54 Publié dans La fée et les hommes | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, garçons, blog, homosexualité, journal intime, ratage de la fée, amour
mercredi, 07 janvier 2009
Le fruit défendu ...
L’avantage qu’ont les quarantenaires urbains, socialement bien intégrés, en psychanalyse depuis quelques années sur les vingtenaires éffrontés et sur les trentenaires timorés, c’est qu’en principe :
- ils ont enfin appris à bien se connaître,
- ils ont bien identifié leurs propres limites,
- ils ont également repéré leurs propres schémas de fonctionnement pervers,
- ils savent reconnaître les personnalités toxiques,
- ils savent surtout se retenir de foncer dans les murs.
Eh bien moi :
- bien que quarantenaire pratiquement avéré,
- bien qu’en psychanalyse plus ou moins récurrente depuis de nombreuses années,
- bien que doté d’une foultitude d’amis et de relations tous plus pertinents, charmants et divins les uns que les autres,
- bien que Parisien convaincu et convaincant…..
Eh bien qu'étant tout cela, moi, je foire, je rature, je biffe, je trébuche, je gribouille, j’approximatise, je tombe, je me ramasse, je me cogne, je me griffe, je me blesse, je me vautre ...
Moi, je ne sais pas.
Non.
Vraiment et définitivement pas.
Dans bien des matières nécessaires au concours permanent qu’est l’existence, je suis imparfait.
Et s’il en est une en particulier, parmi celles-ci que j’ai sans cesse ratée et pour laquelle je montre bien peu de dispositions naturelles c’est bien la matière amoureuse.
A tel point que depuis quelques mois, après de mémorables et retentissants échecs, et au prix de nombreux efforts, je m’étais résolu en bon quarantenaire prétendument lucide et accro à son rendez-vous bihebdomadaire chez le Docteur « Toc-Toc », à ne plus avoir envie d’aller sur le champ de l’affect, de la relation amoureuse, à me dire que la vie pouvait aussi être belle autrement, sans ça…
Et j’étais bien.
Calme.
Serein.
Posé.
En phase avec ce que j’étais en mesure d’obtenir, sans espoir disproportionné, sans attentes démesurées, sans peine violente, sans peur sclérosante…
Prenant de la vie ce qu’elle était en mesure de m’offrir, n’en attendant ni plus, ni mieux. Convaincu que je coulerais ainsi des jours plus ou moins heureux certes mais surtout calmes jusqu’à la fin…
Alors oui, c’est sûr, je le confesse, le manque s’est parfois fait cruel, l’absence s’est quelque fois faite douleur, et la solitude s’est parfois aussi muée en souffrance …
Mais j’étais bien, certain, que je ne retomberais plus dans mes errances passées, mes contradictions manifestes, mes incapacités notoires, que ca ne m’arriverait plus, que j’en avais décidé ainsi et que c’était bien, mieux, plus sérieux, plus adulte, plus mur…
J’ai toujours été convaincu, que le talent pour « l’amour entre êtres humains », que le « savoir faire » et le « savoir être » nécessaire à la réussite d’une histoire ne sont pas des choses équitablement partagées entre tous.
J’ai toujours été certain qu’en cette si particulière matière certains ont tout et d’autres rien.
De même que nous ne sommes pas tous doués pour telle ou telle chose, de même que parmi nous, certains sont grands et d’autres petits, certains bruns et d’autres blonds, certains doués pour la cuisine et d’autres pour la littérature, certains pour l’amitié d’autres pour le sexe, de même que la beauté et le charme ne sont pas non plus harmonieusement distribués …
J’ai toujours eu la conviction qu’il faut savoir passer la main, savoir s’arrêter à temps.
Et j’ai su, enfin j’ai cru savoir …
Jusqu’à ce qu’un vendredi soir comme tant d’autres, rentrant chez moi un peu plus tôt que prévu d’un dîner entre amis dans un restaurant branché du centre de Paris, je ne reçoive un sms d’un garçon avec lequel j’étais en contact à des fins purement sexuelles, me proposant de consommer sur le champ et goulument de préférence, ce fruit « dit défendu » que nous convoitions de concert depuis quelques jours et dont nous avions abondamment évoqué ensemble et de toutes les façons possibles, la réalisation ….
(to be continued ...)
14:39 Publié dans La fée et les hommes | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, garçons, blog, homosexualité, journal intime, ratage de la fée, amour
samedi, 09 février 2008
Je m'étais dit ...
Je m’étais dit que je mettrais de l’ordre dans ma vie.
Je m’étais dit que je retournerais voir le Docteur de la tête.
Je m’étais dit que je commencerais un petit régime.
Je m’étais dit que je fumerais moins.
Je m’étais dit que je lutterais contre mes démons.
Je m’étais dit que je nagerais un peu plus contre mes mauvais courants.
Je m’étais dit que ne me laisserais plus aller à ces crises d’angoisses idiotes et puériles.
Je m’étais dit que je me décadenasserais le cœur et l’âme.
Je m’étais dit que je rangerais l’appartement, que je ferais le ménage, que j’en avais marre de vivre dans le désordre.
Je m’étais dit que je me plongerais courageusement dans le tas de papier administratifs qui s’amoncellent sur la console.
Je m’étais dit que je réglerais ces factures en souffrance qui traînent de ci de la.
Je m’étais dit que je dépenserais moins d’argent connement.
Je m’étais dit que je me re-mobiliserais au boulot.
Je m’étais dit que je serais là « aujourd’hui » et plus dans « hier ou demain ».
Je m’étais dit que j’avais assez flotté.
Je m’étais que j’allais cesser de dériver.
Je m’étais dit que je n’avais pas assez pleuré.
Je m’étais dit qu’il fallait lâcher.
Je m’étais dit que « ça » c‘était mal.
Je m’étais dit que « ça » c’était mieux.
Je m’étais dit que je méritais mieux.
Je m’étais dit que je voulais me faire du bien.
Je m’étais dit qu’il n’y avait pas de fatalité.
Je m’étais dit « après la pluie le beau temps »
Je m’étais dit que je serais sérieux.
Je m’étais dit que je me respecterais plus.
Je m’étais dit « Adieu tristesse et Bonjour bonheur ».
Je m’étais dit que ce que je fais à l’intérieur se verrait à l’extérieur.
Je m’étais dit que j’allais ouvrir les yeux enfin.
Je m’étais dit que je n’attendrais plus.
Je m’étais dit que me laisserais aimer.
Je m’étais dit que je serais plus doux.
Je m’étais dit que je me viderais la tête.
Je m’étais dit que j’arrêterais de courir partout.
Je m’étais dit que je cesserais de me perdre.
Je m’étais dit qu’enfin je m’étais trouvé.
Je m’étais dit que j’aurais enfin du talent pour vivre.
Je m’étais dit que je serais beau.
Je m’étais dit que je n’aurais plus peur.
Je m’étais dit que tu serais là.
Je m’étais dit que je grandirais.
Je m’étais dit que des mots aux actes je ferais un lien.
Je m’étais dit que je cesserais de penser ma vie comme une sitcom.
Je m’étais dit que ça y était enfin.
Je m’étais dit que j’écrirais plus souvent.
Et rien je n’arrive a rien.
Ca me fait chier.
Désolé.
13:20 Publié dans La fée pense | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, homosexualité, blog, moi
jeudi, 17 janvier 2008
Un souvenir d'enfance réhabilité
Bah ça m'a fait quelque chose d'apprendre la mort de Carlos. Un petit lambeau d'enfance qui s'envole. Un de plus.
Je n'avais plus écouté une de ses chansons, depuis facile 20 ou 25 ans, ni même pensé à lui depuis à peu près aussi longtemps, mais bon j'avoue que je l'aimais bien ce bon gros, pas si con, quand j'etais petit.
Je me souviens aussi qu'avec papa quand j'etais gosse, on chantait a tue tête le "papayoulélé" ...
Ca me faisait mourir de rire de voir mon père faire le con sur cette chanson. Il n'y a pas plus beauf je dois bien avouer, mais ... pour moi c'est un joli souvenir, que je ne savais même pas que je l'avais ...
Alors juste pour ce morceau d'enfance poussiereux et réhabilité je lui dois bien ça ...
Ah oui encore une chose : "Carlos au fait, si tu nous regardes, tu embrasseras Françoise pour moi ! hein ?"
Big Bisous Carlos.
21:15 Publié dans La fée se souvient | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, blog, homosexualité, Carlos
India Song
J'adore ...
Absolument,
Définitivement,
Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve cette scéne d'une infinie sensualité,
On imagine qu'il fait chaud, que les peaux sont moites, que l'air est lourd de cette lourdeur qui porte le désir ...
Et puis il ya Delphine Seyrig, sa voix ....
Bref j'adore ....
08:30 Publié dans La fée l'a lu (vu) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, blog, Duras, Delphine Seyrig
lundi, 31 décembre 2007
Pourvu qu'elle soit douce ...
2007 va bientôt mourir et je n'en suis pas désolé. Que vive 2008 !
2007 aura été aussi étonnant que cela puisse paraître, pleine de contradictions...
Des moments cruels, des événements irréversibles et douloureux sur lesquels je ne reviendrais pas, mais il y a eu aussi Valence, New York et Barcelone et leurs cortège de jolis souvenirs, de petits riens (ou de pas grands choses) et de grands plaisirs, de rires et de colère..
A l'heure des bilans, je retiendrais essentiellement de cette année qui s'achève la tendresse, l'affection et la fidélité dont ont fait preuve quelques belles personnes qui dans la tourmente m'ont accompagné aussi bien que dans ma quête éperdue de légèreté ...
Merci du fond du cœur à :
- Michael pour la hot-line médicale, les mots qui réchauffent le cœur et qui rassurent et pour la virée des sœurs sluty à Barcelone,
- Sandra pour avoir été tellement là, ce matin là avec Maman et moi,
- Stéphane pour ta fidélité et l'émotion de ta voix ce soir là,
- Virginie pour avoir été mon guide du "comment être une working girl de l'enterrement",
- Myriam pour avoir été si présente avec Maman l’hiver dernier, pour avoir enduré sa colère et sa peine sans broncher l'été passé,
- Sabri et Eusebio pour m'avoir offert généreusement le repos salutaire dont j'avais besoin,
- Adam, Frédéric, Geoffroy, Reynald, Fabien, Nanou et Guillaume, Virginie et Manu, Agnès, Nadia, Sophie, pour vos sms ce jour là et vos pensées tendres,
- Marianne la grosse fatale pour son rire magique, son humour dévastateur et pour sa spontanéité solidaire,
- Emilie pour un tout petit sms inattendu et pour une conversation aux Marronniers,
- Elsa pour ces larmes à peine voilées dans ta voix et pour avoir voulu être là avec moi,
- Faouzi ma comtesse chérie, pour m’avoir offert sa discrète et pudique affection et pour ne m’avoir jamais jugé dans mon rapport à l’Algérie
- Daniel pour ses invitations, son soutien et ses encouragements, ses signes délicats et pudiques d’amitiés, mais aussi pour m'avoir permis de vivre autrement et autre chose,
- Florence pour ses sms inquiets, pour cette promenade jusqu’à Cherbourg, pour ces bisous de l’espace au petit matin quand on est défoncés, pour ce sentiment d’avoir toujours été amis,
- Et aux deux pour la chaleur de nos dîners, la profondeur de nos discussions, la douceur de nos fous rire et la tendresse de votre affection,
- Séverine pour sa « tête de mort », sa folie affectueuse et ces sms louftingues,
- Gaëlle pour m’avoir rédigé un sms en anglais qui bien que n’ayant pas eu le résultat escompté m’a bien fait marrer,
- Jean-François pour ses bisous par sms,
- Thomas pour sa jolie tendresse spontanée,
- Nelly ma jolie collègue et amie pour son soutien indéfectible,
- Jorge pour ces bras doux et chauds et pour m’avoir donné l’illusion que c’était possible ce matin là à "Souvenir",
- Sébastien pour m'avoir spontanément donné son attention et sa solidarité alors que le moment que je vivais ne pouvait que lui rappeler de mauvais souvenirs,
- Jérôme DL, pour ce mail plein d’une émotion tellement bouleversante sur mon père et le temps qui passe et nos rêves d'adolescents que je ne peux pas relire sans pleurer mais que je garde précieusement,
- Jérôme A, pour un truc qu'il m'a dit un soir très tard aux bains et dont il ne se souvient probablement pas mais qui m'a touché au cœur,
- Thierry pour ses mails du lundi matin et ses remarques sur mon âge qui quoi que j'en dise me font bien sourire,
- David pour ces sms et messages réguliers,
- C. mon « coup de cœur » qui m’a permis de me souvenir que j’avais un cœur battant,
- Franck pour son sourire radieux, sa jolie barbe et pour m’avoir fait découvrir le bar des ours,
- Céline pour ton sourire, ton charme et ton enthousiasme,
- Hugo pour un mail ou deux tellement émouvants que je relis souvent,
- Zarha ma petite sœur pour ces petits riens qui font qu’on se comprend à mots couverts, mais qu’on ne sait pas toujours ni pourquoi ni comment,
- Alain parce que c'est lui et que quoi que je dise, quoi que je fasse une tendresse particulière me lie à lui,
- Enfin et ce très sincèrement à tous les bogueurs et lecteurs anonymes ou connus qui m'ont témoigné tant de solidarité dans l'épreuve comme dans la légèreté,
Juste MERCI et BONNE ANNEE
13:45 Publié dans La fée pense | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, blog, homosexualité, 2007
mercredi, 26 décembre 2007
Christmas spirit
Nous n’avons jamais fêté Noël dans ma famille, pour des raisons aussi superficiellement évidentes que profondément absurdes. Mes parents chacun en rupture de famille, par une forme de traditionalisme idéologique et révolutionnaire plutôt cocasse, avaient pris pour habitude de vivre à la marge d’un monde social dont ils avaient à la longue et presque malgré eux, fini par devenir plus que parties prenantes.
A la fois « in and out » le monde, mes parents se sont offert, pendant notre enfance, le luxe bien au dessus de nos et de leurs moyens, de choisir de ne respecter parmi les contingences sociales et autres traditions, que celles avec lesquelles ils se sentaient à l’aise, le luxe, l’éducation, la culture, les voyages…
Ainsi, aussi loin que remontent mes souvenirs, nous n’avons jamais fêté Noël. Pourquoi ? Aucun de nous, ne le sait vraiment ! Chacun dans la famille a sans nul doute, du trouver sa propre explication, patchwork de raisons officielles, d’interprétations hasardeuses et d’explications simplistes, à base de « On ne fête pas l’Haïd, ce n’est pas pour fêter Noël ! » …
J’en ai conservé au cœur une sorte de trace indélébile.
Entre blessure et frustration.
De celles qui ne sont ni insurmontables, ni foudroyantes mais de celles au contraire ordinaires et banales, sur lesquelles l’on pose les fondations de l’adulte que l’on deviendra un jour.
De celles qui vous confortent dans le sentiment que "non définitivement l’on n’est pas comme les autres", sans pour autant vous en dévoiler l’interprétation, sans pour autant vous expliquer que loin d’être une tare cette caractéristique pourra un jour peut être, devenir une richesse, sans pour autant vous donner la formule permettant de transformer le plomb en or …
De celles qui vous font précocement et cruellement comprendre que l’existence risque d’être une longue suite de choses assommantes et complexes avec lesquelles il faudra probablement composer, s’arranger et faire contre mauvaise fortune bon cœur, plus tard, lorsque l’on sera grand.
« On est de son enfance comme l’on est d’un pays », disait fort justement je ne sais plus qui et je suis résolument de ce pays là. En dépit de mes efforts pour la fuir ou pour faire jaillir de moi, des nations plus adultes, des contrées aux paysages moins heurtés, j’appartiens à cette enfance. La mienne.
Entre France et Algérie, ici et ailleurs, garçons et filles, ombre et lumière, mots et non dits, être et paraître … j’ai la nationalité de ce pays, de cette enfance. Et je suis loin d’en avoir fini avec elle, d’avoir terminé d’en définir les contours, d’en avoir épuisé les surprises.
Engagé malgré moi, dans un numéro d’équilibriste, je vais tant bien que mal, un pied devant l’autre, sur un fil tendu entre deux points dont j’ignore tout, si ce n’est qu’aucun retour en arrière n’est possible et que la seule issue se trouve devant moi.
Avancer, continuer, grandir, tordre le cou à ces comédies que nous nous jouons à force d’aveuglement sur nous mêmes et qui finissent invariablement par se jouer de nous, telle est la seule voie possible à tracer dans la jungle de l’existence.
Aussi simple à énoncer que complexe à mettre en œuvre, et ce d’autant moins qu’aucune explication, qu’aucun mode d’emploi n’est livré avec la vie.
Quel est donc le sens de tout cela ?
Pourquoi ?
Comment ?
Et si il n’y avait pas de sens.
Si les choses, les gens, les situations n’existaient pas pour une raison précise, un sens donné ?
Je ne peux évoquer cette question sans en ressentir le caractère plaisant et rassurant. Pour autant, je ne me sais pas capable, pas encore peut être, d’abandonner l’idée que les choses ont un sens et qu’il faut apprendre encore et encore pour changer la vie, pour changer sa vie.
Et c’est bien là que tout devient rapeux, douloureux et complexe …
Et si pour une fois, j’abandonnais, je m’abandonnais et si pour une fois je me disais que j’y penserais demain …
Parce que finalement le seule chose que je sais vraiment et dont je suis assez sûr c’est que je ne sais rien …
Nous n’avons jamais fêté Noël dans ma famille, pour des raisons aussi superficiellement évidentes que profondément absurdes. Et chaque année je repense à tout cela …
17:05 Publié dans La fée pense | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, blog, homosexualité
samedi, 22 décembre 2007
La kitscherie du jour
11:35 Publié dans La fée l'a lu (vu) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, blog, homosexualité, blogaysphére
mercredi, 05 décembre 2007
Ca fait juste ...
.... chier d'écrire !
Et puis comme le disait ma copine Cé fort justement il y a quelques temps (désolé chérie pour le plagiat) :
"Je n'ai pas goût à grand chose en ce moment.
J'ai la tête ailleurs.
Je veux tout.
Je veux rien.
J'attends...
Je ne sais pas quoi, mais j'attends.
Il va bien finir par se passer quelque chose."
Alors ben du coup ca ne fait ni de jolies ni de bien intéressantes choses à raconter ...
19:46 Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, blog
vendredi, 30 novembre 2007
Marcia Baila
Je n'ai jamais été un fan absolu des Rita néanmoins force est de constater qu'ils ont marqué nos adolescences. Qui n'a pas dansé sur Marcia Baila, Andy ou Le petit train .... ?
Il fut un temps, je m'en souviens, où "Andy" dans les soirées déchaînait une forme d"hystérie collective, faisant se secouer et hurler les invités (il est vrai que depuis j'ai changé de typologie de soirée et qu’on entend aujourd’hui plus que rarement ces chansons, là où je vais).
A titre personnel je me souviendrais plutôt de Marcia Baila parce que comme toujours elle est associée à des souvenirs persos, les 1eres boums, les 1ers 45 tours (message perso pour la mini de blabla : non je n'étais pas néé pendant la guerre de 14/18 !), les 1eres questions ...
En plus je trouvais super belle cette histoire de chanson dédiée à une de leurs amies emportée par le crabe.
Quelle ironie, tant d'années après que ce même crabe toujours vivace, ait emporté à son tour Fred Chichin.
Un petit lambeaux de mon adolescence qui part avec lui.
Mais comme m’a dit récemment mon jeune stagiaire au boulot : « Pfff les souvenirs et la nostalgie c’est un truc de vieux ! » Alors cessons donc cet étalage de vieilleries
So long Fred ...
Je ne suis pas très actif sur mon blog en ce moment et poste beaucoup de vidéos. Je suis en pleine crise « d’Ally Mc Bealite » aiguë.
J’essaierais d’y revenir dés lors que je trouverais les mots justes. Pour le moment … c’est encore flou
10:45 Publié dans La fée se souvient | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : gay, amour, journal intime, garçons, blog, Rita Mitsouko, Marcia BAila








