lundi, 02 juin 2008

Récit d’une émotion ou 40 ans d’histoire de la Haute couture française

Yves Saint Laurent est mort hier. Du coup, je me suis souvenu que j'avais il y a quelques mois écrit une note qui racontait ma visite de la Fondation Pierre Bergé et Yves Saint Laurent. Un moment magique et émouvant :

Il y a deux ou trois ans, grâce à « Ho », l'influent mari d'une amie, au carnet d'adresse bien rempli, j’ai eu le privilège immense de bénéficier d’une visite privée de la 1ere exposition de la Fondation Pierre Bergé et Yves Saint Laurent qui venait d’ouvrir ses portes. L’exposition portait si je me souviens bien sur le dialogue incessant entre la peinture, la sculpture, et plus généralement l’art avec un grand A et le travail du couturier, au cours des 40 dernières années.

Je me souviens que je ne savais pas trop à quoi m’attendre lorsque je me suis présenté avenue Marceau au siége de la maison de couture transformé en fondation dédiée à l’œuvre d’YSL.

« Ho » m’accueille en maître de maison, me fait faire le tour de ladite maison, me présente un jeune homme d’une petite trentaine d’années, blond, joli à croquer et visiblement gay, qui va  me faire non seulement visiter l’exposition, mais également les coulisses de la maison ainsi que les ateliers de conservation des pièces archivées, en compagnie d’une petite cohorte de dames d’un certain âge.

Le charmant jeune homme de la maison, semble être un puit de science à propos de l'oeuvre de St Laurent.

Il sait tout sur tout, du plus infime détail à la plus célèbre anecdote. Où, quand, comment et par qui, telle robe a été portée (pour un peu il nous livrerait l'humeur de Catherine Deneuve ouvrant le festival de Cannes dont elle présidait le jury en mousseline vaporeuse bleue, ou aux Césars 1981 dans sa robe Léopard ...)

Une dame parmi nous ne peut cacher son enthousiasme devant une telle érudition et s’en ouvre à lui.

Visiblement ému, le jeune homme nous avoue, en rougissant, être comme Obélix, tombé dans la marmite dés son plus jeune âge et être un enfant de la maison….

Je ne l’en trouve que plus touchant, attendrissant, émouvant.

Nous entamons la visite par les chambres froides où nous attendent de grandes armoires au sein desquelles sont conservées à plat et emballées dans un papier de soie traité scientifiquement, toutes les robes, chemisiers, tailleurs et autres créations "couture" que la maison a conservé ou retrouvé et racheté, pour perpétuer la mémoire du travail magnifique du maître des lieux.

Un frisson me parcourt l’échine, non seulement parce que la température des lieux est basse (afin de permettre une bonne conservation des pièces en question), mais aussi parce que la démarche consistant à perpétuer la mémoire me semble un rien mortifère … alors même que l’homme est encore vivant.

Rangée par rangée, tiroir par tiroir, robe après robe, retraçant l’histoire de la maison Saint Laurent, ce jeune homme, intarissable et extraordinairement passionné nous fait revivre avec des sanglots dans la voix (la retraite du maître est encore récente et le choc important générée par elle, pas totalement dissipé) à moi et à ces quelques dames, la naissance, la genèse et l’épanouissement de cette maison célèbre dans le monde entier.

L’émotion indescriptible de ce garçon, la passion qui l’anime, se transmettent peu à peu à la petite assemblée que nous constituons. Elles se diffusent et nous imprègnent fortement. Nous partageons quelque chose et sommes comme liés par elle, alors même que nous ne nous connaissions pas une heure avant.

vendredi, 24 novembre 2006

Haute couture, entre histoire et avenir

J’avais presque oublié qu’un jour j’ai vécu une très belle expérience, une bien jolie aventure, liée à la haute couture. C’est en lisant hier ou avant hier, comme pratiquement tous les jours, le blog de Comtessa, que je m’en suis souvenu. En me replongeant dans ce souvenir, j’ai retrouvé tout le délice de ce moment d’exception, toute l’émotion de cette plongée dans le passé, dans l’histoire.



Récit d’une émotion ou 40 ans d’histoire

de la Haute couture française :


Il y a deux ou trois ans, grâce à « Ho », l'influent mari d'une amie, au carnet d'adresse bien rempli, j’ai eu le privilège immense de bénéficier d’une visite privée de la 1ere exposition de la Fondation Pierre Bergé et Yves Saint Laurent qui venait d’ouvrir ses portes. L’exposition portait si je me souviens bien sur le dialogue incessant entre la peinture, la sculpture, et plus généralement l’art avec un grand A et le travail du couturier, au cours des 40 dernières années.

Je me souviens que je ne savais pas trop à quoi m’attendre lorsque je me suis présenté avenue Marceau au siége de la maison de couture transformé en fondation dédiée à l’œuvre d’YSL.

« Ho » m’accueille en maître de maison, me fait faire le tour de ladite maison, me présente un jeune homme d’une petite trentaine d’années, blond, joli à croquer et visiblement gay, qui va  me faire non seulement visiter l’exposition, mais également les coulisses de la maison ainsi que les ateliers de conservation des pièces archivées, en compagnie d’une petite cohorte de dames d’un certain âge.

Le charmant jeune homme de la maison, semble être un puit de science à propos de l'oeivre de St Laurent.

Il sait tout sur tout, du plus infirme détail à la plus célèbre anecdote.

Une dame parmi nous ne peut cacher son enthousiasme devant une telle érudition et s’en ouvre à lui.

Visiblement ému, le jeune homme nous avoue, en rougissant, être comme Obélix tombé dans la marmite dés son plus jeune âge et être un enfant de la maison….

Je ne l’en trouve que plus touchant, attendrissant, émouvant.

Nous entamons la visite par les chambres froides où nous attendent de grandes armoires au sein desquelles sont conservées à plat et emballées dans un papier de soie traité scientifiquement, toutes les robes, chemisiers, tailleurs et autres créations coutures que la maison a conservé ou retrouvé et racheté pour perpétuer la mémoire du travail magnifique du maître des lieux.

Un frisson me parcourt l’échine, non seulement parce que la température des lieux est basse afin de permettre une bonne conservation des pièces en question, mais aussi parce que la démarche consistant à perpétuer la mémoire me semble un rien mortifère … alors même que l’homme est encore vivant.

Rangée par rangée, tiroir par tiroir, robe après robe, retraçant l’histoire de la maison Saint Laurent, ce jeune homme, intarissable et extraordinairement passionné nous fait revivre avec des sanglots dans la voix (la retraite du maître est encore récente et le choc important générée par elle, pas totalement dissipé) à moi et à ces quelques dames, la naissance, la genèse et l’épanouissement de cette maison célèbre dans le monde entier.

L’émotion indescriptible de ce garçon, la passion qui l’anime se transmets peu à peu à la petite assemblée que nous constituons. Elle se diffuse et nous imprègne fortement. Nous partageons quelque chose et sommes comme liés par elle, alors même que nous ne nous connaissions pas une heure avant. (to be continued …)