lundi, 21 juillet 2008

Back to my roots

Revenir en Algérie est pour moi une expérience pour le moins particuliére.

Où le bon se méle au mauvais, l'attraction à la répulsion, le plaisir au dégout et la douleur à la joie.

Particuliére !

Oui je ne trouve pas d'autres mots que celui ci pour qualifier cette expérience.

Je ne connais rien de ce pays, l'ayant quitté à moins de six ans, il y a plus de trente ans maintenant, ni sa langue, ni ses habitants, ni sa culture, ni son histoire ou presque, ni ses coutûmes .... et pourtant je m'y sens étrangement à l'aise, étonament serein.

Et pourtant, je suis fait pour beaucoup de lui, je suis façonné par lui, je dois le reconnaitre. En positif ou en négatif, je me suis toujours positionné et construit par rapport à cette origine inconnue et trop bien connue. On ne m'a pas laissé le choix. Je nai pas choisi.

Je suis ici, fêté, choyé, désiré, invité, voulu, telle une attraction de cirque, ou pire encore comme un objet. Ce n'est pas désagréable pour l'égo, force m'est de le reconnaitre.

Et pourtant, j'ai hâte que tout le cirque auquel je suis censé me livrer, moi le cousin de France, se termine. J'ai hâte de revenir à ma vie, la vraie, celle que j'ai choisie.

Revenir en Algérie, me donne le sentiment d'ouvrir une immense boite de Pandore et de laisser s'échaper son contenu sans pouvoir rien contrôler.

Emotions diverses et contradictoires, souvenirs enfouis et ressurgissants tels les diables grimaçant d'une boite, angoisses, peurs, plaisirs insoupconnés, rejet, dégoût même parfois, ....

Tout se mélange, s'entortille autour de moi, mon coeur en permanence bat la chamade, la peur me tétanise et la curiosité m'aiguillone, mon esprit se brouille et le sang ne cesse d'affluer à mes tempes.

Je suis dans une sorte de rapport d'attraction - répulsion avec ces racines, cette histoire, ce pays, ces gens, En un mot comme en cent avec mon histoire.

Il est évident que le 1er de mes retours ici, il y a un an pour enterrer mon pére, n'a pas favorisé une reprise de contact sereine après plus de trente ans de vie construite sous les cieux lambrissés et dorés de la république française.

Il est évident que revenir ici pour procéder à la vente des biens immobiliers de mon pére, dont l'appartement où nous avons vus le jour mon frére et moi, n'incite pas au calme le plus olympien.

Et pourtant, je me fous de ces biens immobiliers à un point dingue (ce qui, by the way, n'est pas le cas de ma mére qui proméne sa tristesse et sa mélancolie à longueur de journée) et ce d'autant plus que le fruit de ces ventes me permettront de construire mieux et plus vite une vie meilleure chez moi à Paris...

Est ce normal de ne rien ressentir à ce sujet, et d'être chaviré d'émotion devant le magnifique pied de jasmin bordant l'école maternelle où je suis passé enfant ?

Est ce logique de n'avoir aucune tolérence pour aucun des chocs culturels auquel je ne cesse d'être confronté et dans le même temps de sentir en moi comme une poussée violente vers ce pays, ces gens .... ?

Je ne contrôle pas grand chose de ce qui m'arrive, de ce que je ressens et je ne suis pas habitué. Je n'aime pas ça, cela m'insécurise et en même temps par la force des choses je suis obligé de lacher .... ce qui ne m'arrive pratiquement jamais ...

Je suis tellement habitué à tout contrôler ou peut etre à seulement avoir l'illusion de ce contrôle qui me rassure, qui tel un tuteur me permet de grandir, évoluer, me développer autour de lui .....

Ici rien de tout cela, je suis dans l'improvisation permanente, la découverte, je compose et je ne contrôle plus... 

Tiens c'est étonant ces deux mots "contrôler et composer" commencent par la même syllabe et sont à l'opposé l'un de l'autre. 

 Je présente mes excuses au lecteur pour cette suite de mots, illogiques insensés et désordonnés.

Mais il me semblait important de fixer tout cela, de laisser une trace comme une griffure, pour qu'un jour plus tard, lorsque l'envie de me rencontrer moi même me prendra, si cela arrive, je puisse le faire sereinement.

Un peu comme l'on mettrait au coffre de l'argent pour plus tard, car après tout, on ne sait jamais quels revirements la vie peut imposer.

Allez comme Scarlett, je me dis "taratata j'y penserais plus tard !"

samedi, 08 septembre 2007

Les griffures de l'histoire

 

En 1985, j'ai 16 ans et j’adore cette chanson.

 

Je suis au Lycée en plein 7eme arrondissement. Je porte des chemises vichy, une écharpe burberry, des westons et des 501, mes copines ont des particules, mon frère est en prépa HEC pour la 2ème année consécutive, Papa est souvent en voyage, et Maman affronte seule sa ménopause.

 

Cela fait six ans que nous sommes installés à Paris, Papa, Maman, mon frère et moi après le Japon etc ..

 

Nous menons, l'existence bourgeoisement confortable d'une famille normale parisienne « rive gauche ». Maman y retrouve ses repéres de bougeoise, Papa est somme toute assez fier de donner à sa famille une telle existence et nous, mon frère et moi nous la vivons aussi simplement que possible cette existence.

 

Image d'Épinal d'un bonheur classique : un papa, une maman, deux enfants, un grand et bel appartement, des jolies choses dedans, des vacances italiennes ou américaines, banal en somme.

 

Ma mère est française et mon père algérien. Par voie de conséquence et par la grace d’accords internationaux, je bénéficie de la double nationalité. Ce qui veut dire que j'ai deux passeports en principe.

 

Je ne me sens pas très impliqué dans ces histoires et à vrai dire je ne les comprends pas très bien. Elles sont tellement éloignées de la réalité de mon quotidien. Mais je sens bien que ces sujets sont délicats et « touchy » quand mes parents en parlent devant moi.

 

Je connais leur légende, mais elle n’est pas réelle à mes yeux. Elle me pompe l’air même, elle m’encombre leur légende. Maman engagée parmi les français du FLN, Papa à Evian négociant les termes de l’indépendance de son pays, l’Algérie, le romantisme révolutionnaire façon 60ies, leur rencontre, 1962 le retour dans un Alger fantomatique et vidé de ses habitants, les fonctions officielles, les voitures avec chauffeur, puis très vite la catastrophe, et les emmerdes, elle trop française, lui jamais dans le bon camp, et enfin l’éloignement politique au Japon et une nouvelle vie encore, etc … Cette légende là, je ne peux l’ignorer bien entendu, et pour cause nous vivons avec chaque jour, mais pourtant elle me semble tellement lointaine et puis je suis encore un enfant.

 

En 1985, j’ai 16 ans et la question de la double nationalité et de mon service militaire se pose de façon récurrente dans les conversations familiales.

 

« Il faut que tu ailles faire tes papiers algériens tout de même et que tu règles tes histoires de service militaire » est la phrase que j’entends probablement le plus à cette époque.

 

Ca ne me concerne pas vraiment, ça m’ennuierait plutôt de m’occuper de ça. Jusque là, Papa s’est arrangé pour que ni mon frère ni moi, n’ayons à nous en occuper et là je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, il nous passe le relais.

 

A ce moment là, je ne comprends pas que Papa aimerait juste que nous soyons soit plus proches de lui, que nous soyons fiers d’être algériens... C’est compliqué une vie ou la grande histoire se mêle à la petite histoire et je suis trop jeune et trop inexpérimenté pour le comprendre et prendre de la distance.

 

Je fais un peu la tête de mule, je traîne les pieds, je dis « oui oui », ça me fait vraiment chier, je vais quand même le faire parce que je veux faire plaisir à Papa, mais je suis très clair avec Maman qui insiste « en off » pour que je le fasse « Je ne le fais que pour lui, j’en ai rien à foutre de ce pays moi, je suis français et ma vie est ici ! »

 

Je me pointe au consulat d’Algérie, où Papa m’a pris rendez-vous avec un vague fonctionnaire algérien, soit disant pour me faciliter les choses.

 

Nous sommes en 1986, j’ai 17 ans, et si je ne le vis pas officiellement je sais déjà que je suis GAY.

 

Je suis reçu par un type à moustache, plutôt désagréable, dans un bureau bordélique et exigu. Le moustachu jette un œil sur le dossier qui lui a sans doute été transmis par les amis de Papa, sans m’adresser la parole.

 

Puis l’odieux, se décide enfin à m’adresser la parole, en arabe.

 

Je suis gêné et lui explique aussi poliment que possible en faisant bien attention à ne pas être condescendant, que je ne parle pas l’arabe et que j’apprécierais vraiment que la suite de la conversation se déroule en français si cela ne le dérange pas bien entendu.

 

Le type se tait brusquement et me jette un oeil mauvais sans que je sache vraiment pourquoi. Puis il sort du bureau me laissant seul un long moment.

 

Je me sens très angoissé et presque coupable. Coupable de quoi ? je n’en sais rien mais coupable …..

 

Je ne cesse de me répéter que tout va bien, que je n’ai rien fait que tout va bien se passer … mais n’empêche que j’ai super peur à ce moment là.

 

 

Puis il revient, tenant à la main des papiers qu’il me tend en disant « remplis ça ».

 

Je m’apprête a m’exécuter sans relever le fait que ce monsieur que je ne connais pas et qui m’est visiblement très hostile, s’est adressé à moi en me tutoyant et en me prenant de haut, lorsque je m’aperçois que les formulaires qu’il me tend sont rédigés en arabe.

 

Je reste un moment, interdit et hésitant, les yeux baissés sur les feuilles en question lorsque le type me balance un « tu remplis et tu t’en vas ! »

 

Je lis dans ses yeux une violente hostilité, et beaucoup de mépris. Je suis encore bien trop jeune pour comprendre que ce type me méprise de bénéficier d’un passe droit, de ne pas parler l’arabe, d’être à moitié français, et peut être même d’être différent de cette différence que je n’assume pas encore mais qui fait déjà partie de moi, le tout dans une attitude pleine de provocation, de défi, de rancœur et de jalousie, maquillée d’un nationalisme stupide et revanchard.

 

L’histoire a laissé de lourdes cicatrices et impacte probablement pour longtemps les comportements individuels. Les algériens souffrent encore visiblement du complexe du colonisé face aux français et pire face aux bi-nationaux.

 

Ne tenant plus, je rassemble tout le courage dont je suis capable, prends l’accent le plus pointu et bcbg que je peux (NDLR : j’ai une certaine prédilection pour cette façon de m’exprimer à l’époque compte tenu du milieu dans lequel j’évolue) et lui réponds de la façon la plus condescendante possible « Ecoutez Monsieur, je ne pense pas que nous nous connaissions, je vous saurais donc gré de ne pas me tutoyer de la sorte. De même, je ne suis pas certain que vous ayez saisi que je ne parle, ni n’écris l’arabe. Vous imaginez bien que je ne saurai remplir, ni signer de tels documents sans en comprendre le sens. Auriez vous en conséquence l’amabilité de me présenter la version française de ces derniers afin que je m’exécute et mette fin à ce moment pénible pour vous comme pour moi ? »

 

Le type refuse obstinément de me répondre (et pour cause, compte tenu de la situation et du mépris tranquille que je viens de lui renvoyer dans la tronche en réponse au sien) de me donner les versions françaises des documents relatifs à ma double nationalité et surtout à mon service militaire (NDLR : à l’époque le service militaire algérien durait deux ans et était réputé pour être réellement difficile »). Je me lève et quitte les lieux tranquillement non sans avoir pris la peine de prendre congés de ce Monsieur, avec force politesse.

 

En rentrant à la maison, j’explique la situation, furieux, très en colère, à mon père. Je suis cruel et con. Je me venge sur lui de tout le mépris que j’ai lu dans les yeux du fonctionnaire crétin, je l’humilie autant que je me suis senti nié, jugé, humilié et rejeté par ce type. 

 

Je lui explique que « j’en ai rien à foutre moi des papiers algériens que je suis français, qu’heureusement j’ai une mère française et que je n’y suis allé que pour lui faire plaisir à lui mais que je n’y retournerais plus jamais. »

 

Avec le recul et compte tenu de la situation, je regrette amèrement d’avoir eu un tel comportement avec Papa, il ne valait pas mieux que celui du sale con du consulat. Il n’avait pas à payer de ma rancune et de ma colère le comportement d’un gros con. Mais on ne refait pas l’histoire. Mon père n’a plus jamais remis la question sur le tapis et en à, je le sais, conservé une blessure non cicatrisable au cœur.

 

En attendant, je suis retourné au consulat récemment pour régler quelques démarches administratives relative à la succession de mon père et aux biens qu’ils nous a laissé en Algérie.

 

Rien n’a changé.

 

Les griffures de l’histoire sont toujours vivaces, générant des situations complexes et des rapports douloureux « d’attraction / répulsion » entre la France et l’Algérie.

 

En pénétrant dans les locaux consulaires, j’ai ressenti la même impression que lors de mes 16 ans.

 

J’ai revécu à peu de choses prés la même scène en frissonnant d’horreur lorsque tendant mes papiers français, j’ai senti dans le regard de mon interlocuteur une sorte de flottement dubitatif.

 

Mais moi, je ne suis plus le même, j’ai juste 20 ans de plus et un tout petit peu plus d’expérience. Alors les choses se sont passées différemment. Il paraît que ça sert à ça l’expérience. N’empêche que ça m’a ramené à de vieux souvenirs enfouis et à quelques remords aussi.

mercredi, 25 avril 2007

Le sable au fond du bocal

La 1ére des choses qui m’a frappé au cours de mes récentes journées algéroises, c’est la facilité avec laquelle les souvenirs ont afflués. Alors même que j’étais convaincu de ne pas en avoir, ni de ce pays où je suis née, ni des années où j’y ai vécu, ni des gens qui j’y ai aimé.

Revenir prés de 25 ou 30 ans plus tard, sur les lieux de son enfance a quelque chose, surtout dans les conditions que nous savons, d’extrêmement déstabilisant et émouvant. Je n’imaginais pas avoir enfoui tant de choses au fond de moi.

Et pourtant, moi qui croyais que mon premier souvenir datait de mes 7 ans …

Si j’avais pu avoir conscience de cela, j’aurais bien souri en m’apercevant que l’âge de 7 ans n’était ni neutre, ni anodin. Juste l’âge que j’avais lorsque mes parents sont partis en poste au japon …

Tant de choses m’ont sauté à la face pendant ce voyage, tant de visages que j’ai sur le champ reconnu alors même que je ne les avais plus revus depuis 30 ans, tant de lieux que j’ai reconnu du 1er coup d’œil, tant d’idées préconçues qui se sont effritées d’elle-même, tant de peurs qui se sont envolées, emportées par des rafales de souvenirs heureux, tant d’émotions à la fois tristes et heureuses.

Comme si dans toute chose, il y avait nécessairement du beau et du laid, de l’heureux et du malheureux.

Il aura fallu que j’enterre mon père, pour qu’enfin je lui offre ce qui lui était le plus cher, ma réconciliation avec mes racines, ses racines, nos racines.

La vie est bien chienne parfois.

Mon cœur s’est serré tant de fois, au cours de ces cinq petites journées à l’idée que papa aurait été si heureux, si fier de nous voir mon frère et moi apprendre à regarder ce pays avec des yeux vierges de toute rancune, vides de toute idée reçues, enfin libérés de toutes ces peurs, de toutes ces croyances limitantes qui nous ont entravés si longtemps.

Sentiment de plénitude, d’être la bonne personne au bon endroit.

Joli souvenir.

A l’instant même où j’ai foulé le sol algérien et avant que le tourbillon des cérémonies et des obligations plus ou moins officielles ne nous engloutissent, j’ai su que ce voyage serait déterminant.

Comment ?

En quoi ?

Bien malin qui pourrait le dire.

Néanmoins, je sens que cela aura un impact profond en moi. Nous verrons bien.

Jamais au cours de ces cinq journées passées là bas, loin de l’autre côté de la méditerranée, je n’ai cessé de penser à mon père et au bonheur fou que cela lui aurait mis au cœur de nous voir ainsi.

J’ai même parfois souri avec tendresse en imaginant qu’il devait bien se marrer à me voir dans certaines situations …

Il a même du verser quelques larmes, si il nous a vu à la Madrague, à nouveau enfants, mon frère et moi courant sur la digue et hurlant à notre père que les pécheurs arrivaient sur leurs petits bateaux déglingués et qu’on allait enfin pouvoir faire le plein de daurades, rougets, crevettes géantes et autres merveilles méditerranéennes fraiches dont nous raffolions et qu’il cuisinait si bien …

C’est comme si amnésique, durant 30 ans, j’avais recouvré la mémoire, d’un coup de baguette magique. C’est tellement beau et fort comme expérience, mais tellement épuisant, déstabilisant. Mais je suis heureux de tout cela.

A présent, il faut juste que tout cela décante … que le sable retombe au fond du bocal pour que l’eau redevienne claire …

mercredi, 04 avril 2007

Memories on a dance floor ...

Vous vous souvenez de ça ?

 

podcast

Crystal Waters …  gipsy woman da da dee da da da …

Et encore ce n’est pas la bonne version.

Celle de l’époque.

Mais je n’arrive pas à la trouver …

C’était il y a longtemps.

Tellement longtemps que je ne me suis plus exactement quand c’était.

Tout ce dont je me souviens c’était que j’étais jeune, nettement plus jeune.

Etudiant déjà, sans doute.

En droit ou en histoire de l’Art (oui, j’ai au cours de ma courte vie, fait pas mal de choses, ce qui est une façon polie de dire que j’ai branlé le mammouth longtemps et changé pas mal d’orientation avant de trouver la bonne voie), je ne sais plus ce que je faisais véritablement à cette époque.

C’étaient les années 90 et j’étais dans la vingtaine …

Associées à ce morceau, plus que des souvenirs précis, il y a des images, pleins d’images.

L’appartement des parents de Sylvain avec l’immense rond en marbre sur le sol du salon qui servait de dance floor pour les soirées qu’il organisait quand les parents étaient à la campagne.

Les préparatifs pour les vacances en Espagne, sur la Costa Brava chez nos copines Laure et Clara. Ce qu’on a rigolé avec Sylvain. Une grande maison de vacances pleine a ras bord de filles jeunes, belles et qui n'avaient pas froid aux yeux.  Et nous, Sylvain et moi.

Les podiums du JOY, la boite de nuit locale.

Les coupes de champagne gratuites.

Agathe, Tico, Sergio, Guillaume, les « Le Billard ».

Le soleil, la plage la journée, la longue suite de clubs, la nuit.

Séverine L., ses longs cheveux épais et son rire de petite fille qui danse sans rythme un samedi après midi chez Sylvain.

Une soirée chez mes parents pour mon anniversaire aussi.

Il y a plein de monde, même des gens que je ne connais pas.

Je ne gère pas du tout.

Il ya des embrouilles, des gens s’engueulent.

Je flippe ma race.

Ca se passe mal.

C’est Sodome et gomor cette soirée.

Il ya des couples partout.

Sauf que moi, « Sodome » ce n’est pas encore officiellement ma tasse de thé.

Des gens ont vomi sur le beau tapis de velours rouge du hall.

4 heures du matin, je nettoie. …

Mauvais souvenir.

Tiens mon cousin Jean-Baptiste qui se pointe dans mon « memories slide show » …

Qu’est ce qu’il fout là lui ?

Ah oui, je me souviens.

Il se tape Elise la fille que je convoitais, dans la chambre de mon frère.

Car oui … ça m’est arrivé.

Rigolo comme souvenir.

Un peu étrange avec le recul.

Mais bon.

Bientôt j’assumerais mieux ce que je suis.

Je suis sur le point de rencontrer mes 1ers amis GAY.

Il va se passer encore quelques années avant que …

Avant que quoi ?

Ben avant aujourd’hui, avant moi, le blog, les poils blanc de la barbe, la vie, la vraie, la mienne ...

NOTE DE LA REDACTION : "Et dis donc Jeanne Calmant, tu vas arrêter d’embêter les gens avec tes souvenirs vieux comme tes robes. Hein ?

Et puis tes copines des Hespérides t'attendent pour ta partie de Loto ...

Allez Allez Allez ..."

jeudi, 01 mars 2007

Stardust memories

Sur une idée originale de Sblab, je me livre à l'exercice du souvenir cadencé. De cinq ans en cinq ans ... Brrrr ça fait tout bizarre.

 

1972  j'ai trois ans, je vis en Algérie. Papa n’a pas encore commencé sa lente descente aux enfers de l’alcool. Je crois que les parents s’aiment vraiment fort à ce moment là. Moi je m’en fous j’ai ma Bobette qui me protège et me lèche. Il paraît que papa va souvent à paris qu’il ramène des guirlandes de bonbons et pleins de jouets pour moi. Bientôt je serais déjà trop vieux pour l’intéresser avant longtemps. Papa a toujours dit que les bébés le faisaient craquer mais que les enfants l’emmerdaient jusqu’à ce qu’ils deviennent adultes.

1977 j’ai 8 ans et je crois que c’est là que commencent  mes vrais souvenirs. Nous sommes à Tokyo. Papa travaille beaucoup, maman fait sa 1ere dépression et aborde la ménopause avec, cela va sans dire beaucoup d’angoisse. Nous avons une vie super dingue : voiture avec chauffeur pour aller à l’école, immense appartement, domestiques. Maman s’achète des belles robes chez les couturiers pour faire honneur à Papa. Elle s’ennuie et essaye d’écrire. Je crois qu’elle n’y est jamais arrivée. Moi je commence ma vie d’adulte. Je suis un petit bonhomme mais je gère, déjà, certaines crises. Pour le reste je suis aussi un enfant et je suis fasciné par les 1ers dessins animés que je vois. Je découvre la Disco et la danse. Je me souviens que j’ai fait un drame pour que maman m’offre le même costume blanc que Travolta dans la Fièvre du samedi soir.

1982 j’ai 13 ans. Et ça fait un an que nous sommes installés à Paris dans un immense appartement, bd des Invalides. Je me sens tout angoissé rien que de repenser à cette période de ma vie. Je suis au collège Victor Duruy et je n’ai pas d’amis. Je suis différent et ça se voit. Sans que je sache vraiment pourquoi ni comment je la sens vraiment cette différence. Je pleure souvent. Heureusement Séverine et Ali mes parents de substitution m’emmènent souvent en vacances avec eux et leurs deux enfants : Rome, Madrid, Londres … on en a fait des voyages ensemble. Je ne travaille pas en classe et le collège veut m’orienter. Maman intervient et me sauve de justesse.

1987 j'ai 18 ans, je suis en 1ere B (je me suis "un peu" attardé en route) dans un collège rue de Varennes à Paris. Je crois que ce sont les plus belles années de mon adolescence. J’y ai trouvé des potes, une vie sociale, des profs intelligents et compréhensifs (Ah Daniel Penac quel souvenir). J’ai des cheveux, une mèche sur le côté, vachement BCBG, des chemises vichy de toutes les couleurs, des Weston, une écharpe Burberry et je sors dans les rallys. Je sens malgré tout qu’une différence que je refuse de vraiment prendre en compte me poursuit. Ma copine Laure, sa sœur Clara et moi on est inséparables. On découvre la vie, les sorties, paris la nuit. Les parents me fichent la paix un peu et je crois que je suis un peu heureux à ce moment.

1992  j'ai déjà 23 ans ! Et ça fait deux ans que j’ai rencontré Sylvain mon meilleur ami jusqu’à aujourd’hui. On est super complices tous les deux. Je crois que la même différence nous rapproche mais on ne dit pas encore son nom à cette sale différence. C’est l’époque des vacances en Espagne chez nos copines Laure et Clara, de la tortilla, du Bimbo, des boites de nuit tout l’été. Je me suis inscrit en fac de droit à Assas et j’ai toujours un putain de look BCBG, sauf qu’entre temps je me suis laissé pousser les cheveux. J’ai un catogan et j’ai réquisitionné tous les carrés Hermès de maman que je porte autour du cou noué à la romantique. Je me lie avec Jérôme à la fac. Anciens du même collège on se retrouve. On ne fout rien. On glande on bulle on rigole, on va au café rue Bréa, avec Anne et Vanessa entre autres. Jérôme me présente mes premiers amis ouvertement homos  : Emmanuel et Cyril … Une vraie découverte. Je sais depuis longtemps, ce que je suis, mais je découvre qu’on peut le vivre sans culpabilité et même dans la joie … Révélation… Jérôme qui n'est pas con, me demande si je suis homo. Crétin et trouillard, je réponds que non ...

1997 J'ai 28 ans. J’ai commencé à travailler depuis quelques années. Je fais de la communication. J’apprends, je me découvre, je m’aperçois que j’aime vraiment ce métier et que je ne suis pas mauvais dans ce que je fais. Je baise à couilles rabattues, mais c’est paradoxal, je déteste mon corps. Je me trouve moche et horrible. J’ai commencé à perdre mes cheveux et bientôt je prendrais la décision de me raser le crane mais en attendant ce n’est pas tout à fait ça … Pendant cette période on rencontre avec Sylvain des tonnes de gens, On en perd de vue beaucoup aussi. C’est à cette période là que se jettent les fondations de la vie d’aujourd’hui … On rencontre Elsa et dans son sillage les ESSEC girls … J’hésite entre beaux et bons souvenirs et sentiment d’amertume. Je suis malheureux je ne m’aime pas et donc personne ne m’aime. Mais la vie est quand même assez légère et insouciante…

2002 J'ai 33 ans. Je vis en colloc, dans un superbe appartement Bd Raspail avec Nanou qui ne va pas tarder à rencontrer le futur papa de ses enfants et partir vivre sa vie. G. le charmant colloc prendra sa suite et après lui quelques malheureuses personnes avec qui ça ne le fera pas longtemps. Je suis à peu prés stabilisé. J’ai fait un super régime et me suis métamorphosé en perdant 18 kilos. Sentiment de naître enfin. Dans la foulée j’ai commencé une psychothérapie. Avec Sylvain on a connu grâce à Sofiane, Malcolm et sa bande. Tout cela se mélange avec l’existant et donne la famille d’aujourd’hui. C’est l’époque de la 1ere vraie histoire. Putain qu’il était beau ce N., tellement que j’en crois pas mes yeux qu’un garçon aussi beau puisse poser les yeux sur moi. C’est le temps aussi de la 1ere peine de cœur aussi, puisqu’il s’en vat me laissant anéanti. Je mettrais un an avant de m’en remettre. Bon en même temps je la fais durer ma peine, à ce moment là, parce qu’au moins à travers elle, j’existe, je vis, je vibre…

2007 J'ai 37 ans, bientôt 38. Et je n’ai pas assez de recul pour parler vraiment de moi à cette époque là, puisque c’est maintenant. Deux ans avant il y a eu Big-A, et j’ai su pour la 1ère fois de ma vie ce que c’était que l’évidence amoureuse. J’ai dit « on » et j’ai furieusement aimé ça… Depuis des milliards de trucs dont un déterminant dans ma vie .. j’ai un blog …

samedi, 24 février 2007

Relax ! Take it easy ...


podcast

Relax Take it easy - Mika

 

Mon homosexualité est une chose sue, mais tue, dans ma famille.

Officiellement seule ma mère est au courant.

Globalement nous ne sommes pas une famille qui parle beaucoup.

Enfin si, on papote, on jacte, on bavasse, on échange des idées, on se vanne, on rigole, on parle politique, on commente l’actualité, on parle boulot, on se raconte des trucs sur les uns et les autres, on se souvient un peu, on s’engueule, on rit, on crie, on pleure, …

Mais jamais, ô grand jamais nous ne nous parlons vraiment.

Jamais nous n’abordons la sphère intime.

Limite les choses qui fâchent, les problèmes, les démons anciens, les rancœurs, les jalousies, les blessures, on fait comme si elles n’existaient pas, n’avaient jamais existé.

Chape de plomb.

Lourde.

De l’extérieur nous donnons clairement l’impression inverse, d’une famille méditerranéenne expansive, passionnée, volcanique, d’une famille ouverte où aucun sujet n’est tabou.

Et tout ceci n’est pas faux. Oui nous sommes dans l’échange passionné, dans la larme, dans le théâtral, dans l’excès. Mais qui dit théâtre dit mise en scène et qui dit mise en scène dit jeu d’acteur et qui dit jeu d’acteur ….

Oui nous sommes « open minded » et sommes capable d’aborder bien des sujets dits « touchy ou tabou ».

Mais dés lors qu’un seul de ses sujets revêt un caractère trop intime, dés lors qu’il touche l’un d’entre nous, dés lors qu’il impose de se dévoiler devant les autres, vous imaginez bien que le sujet en question est immédiatement black listés des sujets de conversation dans un consensus général et muet.

Je suis toujours admiratif de ces jeunes ou de ces moins jeunes gens qui arrivent à instaurer un rapport de complicité et de confiance tel avec leurs parents ou leur frère et sœur qu’aucun sujet n’est tabou ou presque …

Dans ma famille on ne se parle pas.

Ca ne veut pas dire que les choses ne se voient ni ne se comprennent autrement …

La question (assez centrale pour moi avouons le) de mon homosexualité n’échappe donc pas à la règle.

Sue, mais tue !

Officiellement seule ma mère est au courant.

Je n’en ai jamais parlé directement avec mon père mais je sais, je suis sûr qu’il sait depuis toujours …

Toujours dans ma série, « renouons avec son propre passé », l’année dernière, une vieille amie de la famille vivant en Haïti dînait chez mes parents.

Elle m’a vu naître.

J’ai toujours un vrai plaisir à la voir elle son accent créole, son look juste « too much gold », son indéfectible affection, les surnoms dont elle m’affuble, et sa liberté de parole …

En repartant, elle me dit « Ma fée chéri, tu m’accompagnes au taxi », ravi de ce moment d’intimité, je me précipite et lui emboîte le pas.

Nous étions à peine dans l’ascenseur qu’elle m’entreprends frontalement.

Elle : « Pourquoi es tu si agressif avec ta mère chéri ? Tu cherches quoi ? Tu veux faire ton coming out et tu n’y arrives pas chéri ? Mais tu sais petit amour, ils ont toujours su tes parents. Et finalement ça n’a pas posé tant de problèmes que ça … Décoinces toi un peu par rapport à ça ! Relax take it easy ! »

Moi : « … »

Elle : « Tu croyais quoi ? Je me souviens, tu devais avoir quatre ou cinq ans et tu jouais avec le carré Hermès de ta mère, avant que l’on ne sorte faire des courses. Ton père voyant ça à engueulé ta mère en lui demandant si elle voulait vraiment faire de toi un pédé. »

Moi : « … »

Elle : « Et tu sais ce que ta mère ton insupportable mère, ton abominable mère, à t’écouter, a répondu ? »

Moi : « Heu … »

Elle : «Tu sais quoi mon chéri ? Je préfère en faire un pédé qu’un sale con macho qui pense avec sa bite dans ton genre. Et puis il sera ce qu’il a envie d’être !!!!! »

L'histoire ne dit pas ce que mon paternel a repliqué ...

Depuis que mon pére est malade, j’ai eu à lui dire des choses sérieuses, dures, douloureuses, mais je n’ai pas encore réussi à trouver le courage d’aborder avec lui cette chose essentielle de mon existence : « qui je suis et ce que je suis ».

Mais je vais le faire.

Je ne sais pas comment, ni quand …

En attendant je vais m’efforcer de suivre le conseil de cette amie, de me relaxer et de le prendre « easy » … 

lundi, 19 février 2007

L'enfance est un pays si lointain, si proche

 
podcast

Idir - A Vava Inouva

Nous étions quatre cousins réunis pour les grandes vacances.

Nous étions quatre garçons, il y avait les deux grands et les deux petits.

Marc et Jean-Baptiste étaient aussi blonds et blancs que nous étions mon frère et moi bruns et mats, dorés dés la naissance du printemps au doux soleil de la méditerranée.

Nous étions quatre cousins réunis pour les grandes vacances.

C'étaient les années 70 et nous vivions en Algérie.

La révolution n’était plus si jeune et l’indépendance commençait à avoir du plomb dans l’aile.

Les années heureuses de l’immédiate post indépendance s’étaient envolées et une épaisse chape de plomb recouvrait déjà le pays.

Mais pour les enfants que nous étions, seuls comptaient alors le soleil, la plage la douceur de vivre, le jeu et la joie.

Tout le reste n’étaient que des histoires de grands, la peur, les coups d’états, les militaires, les gens que subitement l’on ne voyaient plus, les adultes baissant la voix et complotant, les nuits des grands à boire du café au salon …

Nos cousins français, les enfants de la sœur de maman, nous rejoignaient toujours aux premières lueurs de l’été.

Nous étions quatre cousins réunis pour les grandes vacances.

Nous étions quatre garçons, il y avait les deux grands et les deux petits.

Nous passions l’été au bord de la mer, dans la grande maison du club des pins.

Papa travaillait la semaine et ne nous rejoignait que les week-ends.

Maman écrivait ses papiers à la maison pour être avec nous et les envoyait au journal quotidiennement.

C’est extraordinaire la mémoire.

Les souvenirs s’impriment, s’effacent, affluent, refluent, s’enfouissent ou ressurgissent au grés des tours que prend l’inconscient.

C’est étonnant la mémoire tout de même.

Les choses ont tellement changé depuis ce temps là.

Marc s’est marié plusieurs fois et est à la tête d’une tribu d’enfants s’étalant sur trois générations.

Jean-Baptiste est parti vivre à Houston avec femme et enfants depuis quelques années.

Cela fait vingt ans que mon frère vit à Londres avec ma belle sœur.

Moi je suis gay, cycliquement célibataire et je vis à Paris.

Mon oncle Georges est mort l’année dernière, ma tante Danièle est en clinique atteinte d’Alzheimer depuis cet automne, Papa n’est plus que l’ombre de lui même et Maman tient le coup tant bien que mal.

A présent c'est nous qui sommes les adultes.

J'ai discuté récemment avec mon cousin Marc à base de "tu te souviens" ponctué d'éclats de rires, de larmes esquivées, et de moments de nostalgie émouvante.

Ca faisait tellement longtemps que je n’avais pas passé un moment avec lui.

Le temps passe si vite.

« En souvenir du bon vieux temps … » disait l’entête de son mail hier soir …

Dedans, il me disait le plaisir et la douleur d’avoir évoqué ce temps qui fut et qui n’est plus, puis il me disait qu’il était content que l’on se soit parlé tous les deux, que c’était con la vie qui vous offre, vous reprend, vous réunit, vous sépare …

Qu’il était heureux d’avoir vécu cette petite part d’enfance avec nous, que ces années là comptaient probablement parmi les plus belles de son existence.

Que j’avais changé c’est vrai, que lui aussi sans doute, qu’on avaient vieilli, mais que pour lui je resterais toujours le petit bout brun et noiraud, suçant son pouce sur la plage regardant les grands avec envie.

Qu’il ne fallait pas attendre d’être aux portes de la mort et de la maladie pour se dire qu’on s’aime, alors qu’il se saisissait de cette occasion pour me le dire et qu’il allait envoyer un mail à mon frère aussi.

Qu’il n’était peut être pas trop tard pour former enfin une vraie famille….

Qu'il ne fallait pas faire comme les grands et qu'on devait, qu'on pouvait essayer d'être moins cons ...

Dedans son mail, il avait glissé aussi cette chanson.

C’est incroyable la mémoire, car sans que l’on se soit consultés, après avoir parlé avec lui, l’autre jour, j’ai justement repensé à cette chanson puis j’ai oublié.

Je nous revois enfants, mon frère, mes cousins Marc et Jean-Baptiste et moi écoutant cette chanson en boucle sur mon mange disque en rentrant de la plage.

Je ne sais pas pourquoi, elle a marqué nos enfances à ce point.

Je ne sais q’une chose, c’est qu’elle restitue parfaitement l’ambiance de ces années là, de mon enfance, de notre enfance à tous les quatres …

Cette vague de tendresse, de nostalgie, de sensibilité, m’a un peu déstabilisé.

Elle me laisse transi d’émotion, d’une émotion muette et sourde.

Jolie.

Lointaine.

Si proche.

Je ne sais pas bien quoi en faire pour le moment, si ce n’est la confier ici.

Je me suis enfin décidé à lui répondre ce soir.

lundi, 15 janvier 2007

L'équilibre instable

Suite de la saga : 

 

Episode 1

 

Episode 2

 

Episode 3 

 

Cela dura ainsi des mois.

 

L’équilibre pour le moins instable de ces vies agrégées les unes aux autres se poursuivit  cahin-caha, tant bien que mal, avec même une certaine forme de bonheur.

Plus le temps passait, plus Al. Et A devenaient inséparables.

Plus le temps passait plus leur relation devenait absolue, exigeante, exclusive.

Al., enfant roi puis  adulte star, continuait sans voir le mal à tenter de gagner sur tous les tableaux.

Entre A. et les amants de passage sa vie s’organisait autour d’une seule et unique idée son bon plaisir.

A. jour après jour commençait à se lasser de son rôle d'icône magique avec laquelle Al jouait à la poupée, l’habillant de vêtements haute couture, la conseillant, la parant …

Probablement parce qu’il faut du temps et beaucoup de courage pour oser s’avouer à soi même que le mur est proche que l’on s’enferme soi même et que l’on fait fausse route, A. mit du temps  à réagir.

Elle accepta tout, souffrit beaucoup, ferma les yeux sur les hommes sortant de chez Al. en plein aprés midi, alors qu’elle y entrait, ne s'offusqua pas de leurs soirées dites libres au cours desquelles il ne répondait jamais à ses appels, serra les dents et pleura amèrement de rage et de douleur.

Voila donc que tout recommençait à nouveau. Les hommes, l’amour, la peur, la douleur et les larmes et ce corps qui n’était pas satisfait. C’en était trop elle ne pouvait plus le supporter.

Brusquement tout se dégrada, sans que l’on ait su très bien ni pourquoi ni comment, sans que l’on ait rien vu venir.

A la faveur d’une crise intime dont on ne connut à l’époque, ni les tenants ni les aboutissants, A. décida qu’